2015
Avoir quatre vingt ans
En plagiant Edmond Rostand
Avoir quatre-vingts ans, mais à tout prendre, qu’est-ce ?
Quelques rides en plus et beaucoup de tendresse,
Un instant infini de joies, de souvenirs,
Les points rouges qu’on met sur les « i » de finir !
C’est dire adieu au golf, être “dur de la feuille“
Se sentir amoindri, user de trompe-l’oeil,
Mais savoir conserver l’amour simple des fleurs,
Chercher d’autres façons de séduire les coeurs
Et apprendre à goûter, au bord des lèvres, l’âme.
Avoir quatre-vingts ans, c’est si noble, mesdames,
Que l’on peut tout oser, se prendre pour un lord,
Se sentir amoureux, peut être illustre… alors ?
J’ai eu plus que ma part de souffrances muettes,
J’ai partagé des vues aujourd’hui désuètes,
J’ai aimé, contesté… mais sachez le, bon Dieu :
Je refuse tout net d’être pris pour un vieux.
2025
À mes cousins et amis toujours fidèles :
Voilà, j’ai nonante ans et du mal à le croire !
Pourtant le fait est là, les rhumatismes aussi.
Je frime, comme on dit, car malgré mes déboires
J’ai la chance inouïe de vous avoir ici.
J’aime toujours les fleurs, le champ’ et le whisky,
Je conduis mon auto, je me défends au Scrabble,
Vous ne me verrez pas danser le sirtaki,
Mais je saurai rester un ami convenable.
Je suis sourd comme un pot, j’avale de travers,
Mes yeux sont aussi lourds que le sont deux valises,
Mes bras sont décharnés, je les garde couverts,
Bien que je puisse encore enlacer, pour des bises.
Le fric régente tout, favorisant la haine,
L’égoïsme est rejoint par la voyoucratie.
La numérisation nous a faits schizophrènes ;
Dire qu’on réfléchit devient une ineptie.
J’ai pour ma part la joie de vous avoir ici !
Jean-Pierre Deumié, nonagénaire confirmé…
Jean-Pierre Deumié est né en 1935, dans une famille de vignerons des Corbières. Diplômé de la faculté de Montpellier et de la Sorbonne, ancien cadre dirigeant d’Électricité de France, il n’est venu à l’écriture qu’en 2012, pour s’indigner – Stéphane Hessel l’avait demandé – du sort réservé à l’entreprise qu’il avait servie. Il était toutefois loin d’imaginer le gouffre dans lequel des apprentis sorciers allaient précipiter une réussite technique, économique, sociale et commerciale mondialement reconnue. Ainsi la facture énergétique est devenue très lourde. Puis la numérisation s’est généralisée, dans tous le domaines et ce que l’on appelle, abusivement, « intelligence » artificielle est apparu, modifiant les façons d’être, d’apprendre (?), de penser… Certes les apports de nouvelles technologies sont indéniables, mais à quel prix ? De quoi de nouveau s’indigner, plus grandement encore, et s’inquiéter du futur de l’individu lambda perdu dans un univers de sur-informations et, surtout, façonné/conditionné à son insu, finalement privé de toute liberté. Se refusant à devenir « Un crétin digital » (Michel Desmurget), idolâtre d’internet et fliqué en permanence, Jean- Pierre Deumié a supprimé de son ordinateur, de son i-pad et de son téléphone tout ce qui a nom de réseau social. Il ne s’en porte pas plus mal. Auparavant cependant, en 2022, Colette, l’amie de ses vingt ans, l’avait retrouvé, sur le web : ils ne s’étaient pas revus, depuis 1955 !
Jean-Pierre Deumié publia un premier ouvrage, début 2012, « Le derrière des filles d’Éole » (épuisé) et un petit pamphlet, sous forme de contes, « Le bon sens court-circuité. » Cet ouvrage est préfacé par Marcel Boiteux, membre de l’Institut de France. En 2013, il enchaina avec un premier roman « Amours intermittentes » et, en 2015, il reçut la médaille de bronze d’Arts et Lettres de France. En février 2017, il a fait paraitre « Nouvelles à contresens » chez Publishroom. Les confinements de 2020 le conduisirent à écrire « Le plus mauvais virus est-il celui qu’on croit ? » puis « Dans ma maison tu viendras… souvenirs familiers futiles ». En 2021, il fut récompensé par la médaille de vermeil d’Arts et Lettres de France, après avoir publié « Les cris désespéré du homard qu’on endort » sous-titré « Vision anachronique de choses advenues ». En 2023, l’octogénaire s’essaya à la versification avec « À l’ombre de mes ans, sous le regard de Montaigne », ouvrage destiné à ses proches.
Et enfin, en 2025, deux nonagénaires qui venaient de se retrouver, 67 ans après, Colette Mauriés et Jean-Pierre Deumié, racontèrent leur propre histoire dans « Et si je ne t’avais pas quitté ».
Email : jpdeumie@orange.fr
Livres publiés
ET SI JE NE T’AVAIS PAS QUITTÉ
Deux vies se croisent à nouveau

Ce livre raconte les retrouvailles exceptionnelles de deux anciens amoureux, étudiants à Montpellier en 1955, qui se sont perdus de vue, pendant 67 ans. Une sorte de dialogue, dans lequel se mêlent le présent et des passés divers, s’établit entre les deux protagonistes, qui recherchent, dans leur enfance, leur jeunesse, leur éducation… une explication à cette « communion d’âmes » retrouvée.
À L’OMBRE DE MES ANS
Sous le regard de Montaigne

« On n’a peur de rien quand on a octante sept ans c’est ce que nous prouve Jean-Pierre Deumié en s’imposant la gageure d’un petit livre de poèmes pittoresques : chaque texte est mis en parallèle avec avec une pensée de Montaigne. C’est là la fois charmant, cruel et nostalgique. »
Claude-Adèle GONTHIÉ
–
LES CRIS DÉSESPÉRÉS DU HOMARD QU’ON ENDORT
Vision anachronique de choses advenues
« Ce livre n’est pas l’histoire d’une vie ; il rattache juste un tout petit bout de vie à l’histoire et évoque quelques histoires d’une vie »

J’ai vaincu le Homard. Sa lecture m’a fait rire parfois, sourire souvent, émue selon les pages.
M-F H. professeure agrégée
Ton livre n’a ni queue ni tête, dis-tu ? C’est ce qui en fait le charme. Les ingrédients sont bien pétris : humour, sourire, une pincée d’acidité, un style simple. Là on se dit, c’est Voltaire ; un peu plus loin, c’est presque Rabelais ; ailleurs, madame de Sévigné montre le bout de sa plume. Merci aussi de tant puiser dans La Bruyère, un peu oublié, pourtant toujours d’actualité.
P F. agrégé, docteur ès Lettres,
professeur émérite de l’université
Laissez-vous donc basculer dans l’univers chaotique de Jean-Pierre Deumié pour oublier, en y pénétrant, vos soucis quotidiens et la morosité présente.
Claude-Adèle GONTHIÉ
DANS MA MAISON TU VIENDRAS – Souvenirs familiers, futiles.
« Je suis chez MOI, je parle ma langue, je hais les choses extraordinaires. »

Cette citation de Paul Valéry* termine un livre écrit pour transmettre ces petits riens que sont les souvenirs d’enfants qui garnissent la mémoire du vieil homme solitaire, dans la maison où il est né et où il va finir ses jours.
Une évocation, aussi, de ce qu’était, la vie simple dans un village, avant et pendant la guerre de 39-45, années bien difficiles mais sans doute plus vraies et sincères que celles dans lesquelles nous sommes actuellement englués. Ah que l’on était loin, alors, du narcissisme, de l’amour en trompe l’œil, de la connaissance superficielle, de ces exécutions sommaires… que développent ce que l’on appelle des « réseaux sociaux » !
(*) La soirée avec Monsieur Teste
–
LIVRE D’HEURES DE CLAUSTRATION
Cher lecteur, – j’ai pris à l’un le nez,
À l’autre le talon, – à l’autre – devinez !
Alfred de MUSSET : Namouna.
Extraits
Des pangolins, sur un rocher perchés,
Tenaient en leurs pattes un i-phone…
De la peau d’un élu revêtu,
Trump twittait à la ronde…
Le virus est passé. Tout n’est que ruine et deuil.
Dernièrement, dans mon salon,
Le virus attaqua mes lanchons..
— Édouard, qui l’eût cru ?
— Président, qui l’eût dit,
N’ai-je donc tant vécu que pour la pandémie ?
On peut tout critiquer
Tout juger savamment, lorsqu’on n’y connait rien,
Et qu’on agit masqué.
Que vous vouliez créer, aimer, vous souvenir,
Ou lorsque vous échappe juste un pet de travers,
Il faut le claironner partout dans l’univers.
NOUVELLES À CONTRESENS
Dix huit historiettes pour remonter les ans de 2018 à 1918
Ils ont dit :
Je viens de dévorer ces nouvelles. J’y ai pris beaucoup de plaisir. J’ai bien aimé l’introduction. Et aussi ce dégradé du temps remonté avec une histoire anecdotique et des touches ponctuelles qui rappellent le moment. C’est bien l’art de la nouvelle : court et une chute inattendue. En plus, c’est bien écrit, simplement, clairement, avec un clin d’œil malicieux ici, un brin de causticité là, un rictus souriant ailleurs.
J’ai pris le livre dès son arrivée, une interruption pour le repas de midi, et voilà, j’ai tout lu. Merci. Et comme Monsieur Teste ouvre et clôt le débat…
Paul FABRE
Agrégé de l’université, docteur ès lettres,
Professeur émérite de l’Université Paul Valéry,
Secrétaire perpétuel de l’Académie cévenole
–
C’est avec plaisir que nous retrouvons Jean-Pierre Deumié… Privilège de l’âge, c’est un regard amusé, vaguement indulgent, que l’auteur pose sur les travers de nos « frères humains ». Si vous voulez sourire et parfois vous étonner, lisez « Nouvelles à contresens » afin de « tuer le temps, pour narguer le temps qui vous tue » ?
Claude-Adèle GONTHIÉ
Les Coulisses N°204
L’ouvrage est disponible en librairie et en ligne, sous forme papier et sous forme numérique.
Publishroom : communaute.publishroom.com/litterature/nouvelles-a-contresens-5291?lang=fr
Amazon : www.amazon.fr/gp/offer-listing/B06VVXVTL2/ref=tmm_pap_new_olp_sr?
FNAC : http://livre.fnac.com/a10482988/Jean-Pierre-Deumie-Nouvelles-a-contresens
CANDIDE EN MILIEU ÉLECTRIQUE ou le bon sens court-circuité
Trois contes tecnico-économiques du pays d’Oc
Extraits de la préface de Marcel Boiteux :
L’ouvrage s’ouvre sur un conte, « Le temps des souvenirs », qui évoque dans un style spontané certains aspects de l’histoire de la grande entreprise que nous avions servie…. L’auteur y rappelle les principes sur lesquels avait reposé le “management” de cette grande entreprise, et souligne le rôle de ses illustres premiers dirigeants….
Le deuxième conte, « Les temps présents », est consacré aux événements, pour ne pas dire aux avatars, qui ont affecté EDF au cours de la dernière décennie. Ceux-ci ont suscité dans la grande famille EDF incompréhension, désillusions, et même indignation comme dirait Stéphane Hessel.
Le dernier conte, « L’avenir ou Le derrière des filles d’Éole », prend appui sur l’amour que Jean-Pierre Deumié porte à sa région natale, les Corbières, laquelle est en voie d’être massacrée par ces moulins des temps modernes.
AMOURS INTERMITTENTES
Chronique politico-sentimentale
Extrait :
Leur hôtel était construit de plain-pied, en bordure du fleuve. Ses chambres donnaient sur les tombeaux lyciens, creusés dans la roche ocre, en rive opposée. Un batelier et sa petite barque à fond plat étaient à la disposition des deux touristes, pour la durée de leur séjour. Beaucoup plus tard, Agnès, pourtant prosaïque, évoquera le romantisme de leurs promenades, à l’aube, sur les eaux transparentes du lac Köycegiz, quand leur embarcation glissait, sans bruit au milieu des roseaux, tandis que des milliers d’oiseaux leur offraient un concert inoubliable, au moment où le soleil faisait vibrer d’un coup toutes les couleurs. Ils passaient ainsi la matinée, main dans la main, inconfortablement assis sur un banc de la barge, envahis par l’atmosphère subtile et apaisante de ce milieu aquatique exceptionnel. Baptiste citait Chateaubriant : « je sentis comment la magie du ciel, le charme des lieux… pouvaient envouter ».
Le livre conte l’histoire d’un être malléable, façonné par 2 femmes (notamment par la sienne, madame de Guermantes moderne, « dont l’idée qu’elle avait été toujours irréprochable gouvernait les esprits ») mais amoureux, à plusieurs moments de sa vie, d’une troisième, de vingt ans plus jeune, militante de banlieue. L’intrigue nous emmène de Paris à Florence, au fin fond de l’Anatolie et même… dans la haute vallée de l’Aude.
Les 2 ouvrages ci-dessus sont disponibles chez Amazon et chez l’auteur.














