Page 12 - Traité de versification, métrique et prosodie
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ué 2 -dans tous les mots comme tu-er, Josu-é, mu-ette, su-ais
uè 1 ou 2 -au choix dans duel
1 -par exception dans duègne
2 -dans les mots en « u-i-té » comme ingénu-i-té, ébru-i-té
ui 2 -par exception dans bru-ire et sa conjugaison, bru-issement, bru-iner,
bru-ine, ru-iner, ru-ineux, ru-ine
1 -dans tous les autres mots comme lui, le bruit, truie, conduire, ruisseau
uin 1 -dans tous les mots comme juin, suint, suin-ter
2-3 La métrique des vers
2-3-1 Pieds ou syllabes ?
On appelle métrique l’étude de la régularité des formes du vers classique et de son découpage en
syllabes couramment appelées pieds. Une querelle oppose des spécialistes au sujet du mot pied. Certains
le prohibent en faisant valoir qu’il désignerait la valeur unitaire du vers latin et non pas celle du vers
français, qui serait la syllabe.
Il est exact qu’en poésie latine l’unité de mesure, le pied, correspondait à plusieurs syllabes. Par
exemple, Pline le Jeune écrivait des poèmes érotiques appelés hendécasyllabes (11 syllabes), qui n’étaient
autres que des vers saphiques composés de 5 pieds. Mais ça, c’était avant… du temps de la versification
latine.
Lorsque, au dix-huitième siècle, le grammairien Pierre Restaut énonce dans son ouvrage fondateur
quelles sont les règles de la versification française, il prend le soin d’expliquer en quoi elle se distingue de
la poésie latine. Il précise :« La structure des vers français ne consiste qu’en un certain nombre de
syllabes. Ainsi on peut d’abord diviser les différentes formes de vers par le nombre de syllabes qui les
composent ». Il n’a donc jamais existé de confusion : à la différence de la poésie latine, la poésie française
est scandée en syllabes. Mais il s’agit de syllabes prononcées selon les règles poétiques, non selon les
usages du langage parlé ordinaire. Et Pierre de Restaut continue son propos : « la plupart de ces mêmes
voyelles, qui ne font qu’une syllabe dans le discours familier, doivent nécessairement en former deux dans
la poésie… et cessent par cette raison d’y être regardées comme diphtongues ».
Ceci étant, le mot pied signifiait, du temps de la poésie romaine, la mesure unitaire du vers. Il n’est
point choquant de voir cette appellation perdurer, même si son contenu a changé. L’important est de ne
pas oublier qu’en poésie classique française un pied égale une syllabe au sens de la règle poétique.
Verlaine eût ajouté « Et tout le reste est littérature. »
2-3-2 La longueur du vers
Très tôt, l’expression poétique française utilise le vers de 10 pieds, comme dans la Chanson de Roland
au début du XII° siècle, ou le vers de 8 pieds, comme dans le Roman de Renard, à la fin du XII° siècle.
Dans le même temps moyenâgeux, des chansons populaires utilisent des rythmes impairs, de 7 et 9.
A la Renaissance, l’alexandrin en 12 pieds est porté par la vague du sonnet. Il semble devoir régner
sans partage à l’ère classique.
Mais la mode romantique et celle du Parnasse font revivre les rythmes anciens, tandis que Verlaine
préconise : « préfère l’impair ».
Aujourd’hui, l'alexandrin ne bénéficie d’aucune suprématie et de nombreux poètes de qualité le jugent
trop sérieux. Sans doute est-il regrettable de le trouver encore dans tant de sauces, qu'il affadit parfois de
sa grandiloquence, au mépris du décasyllabe, si souple, et de l'octosyllabe, si vif et pertinent.
Peuvent être admis les vers de : 1 pied « monosyllabe », 2 pieds « dissyllabe », 3 pieds « trissyllabe »,
4 pieds « tétrasyllabe », 7 pieds « heptasyllabe », 8 pieds « octosyllabe », 9 pieds « ennéasyllabe », 10
pieds « décasyllabe », 12 pieds « alexandrin ».
Les autres vers, notamment de 11 et 13 pieds, ne paraissent pas réguliers.

