Page 27 - Petit guide pratique et facile de versification de Franck Lafossas
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          Sur son écueil faisait tous les matins           A
          Une toilette, avec déshabillage...               B
          J'avais coutume, à l'abri d'un feuillage,        B
          En l'observant, sans bruit, le coeur si gai,     C
          De ne surtout pas traverser le gué,              C
          Ni d’affoler cette nymphe ludique.               D
          Je n'en aurais jamais épilogué                   C
          Si la beauté n'était chose pudique.              D1

          La douce muse en ses rochers fortins             A
          Séchait au vent sans le moindre voilage,         B
          Lustrant son corps ; et les vers enfantins       A
          D'une ballade au divin babillage                 B
          Qu'elle chantait en l'étrange écaillage,         B
          Etaient charmants. Sûr ! Ils m'avaient ligué     C
          Au sortilège envoûtant... Intrigué,              C
          Je n'aurais vu dans ce sort poétique             D
          Un art majeur ceint d'un charme endigué          C
          Si la beauté n'était chose pudique.              D1

          Mais une aurore, où d'infâmes gredins            A
          Venaient pêcher plus loin que leur village,      B
          Pour se distraire, en quittant leurs catins,     A
          L'ondine eut peur : nageant à son sillage,       B
          Un des garçons voulait faire pillage             B
          De sa magie, il s'en était targué.               C
          A son approche, elle avait tout largué.          C
          Il ne trouva livre de sémantique                 D
          Ou de grimoire...On l'aurait harangué            C
          Si la beauté n'était chose pudique.              D1

          Envoi :
          Toi, l'inconnue, en partant m'as légué           C
          Comme apologue, un poème élagué,                 C
          Sa nudité pour gage d'authentique,               D
          Et son lissage. Aurais-tu donc fugué             C
          Si la beauté n'était chose pudique ?             D1
          Franck Lafossas


          4-2 La ballade octosyllabique
          En octosyllabes.
          Composée de 3 strophes de 8 vers chacune en rimes ABABBCBC.
          Le dernier vers C de chacune des 3 strophes est le même.
          Après  les  3  strophes,  vient  un  envoi  en  4  vers  BCBC,  terminé  par  le  même  vers  que  les
          strophes précédentes.

          Cette  ancienne  forme  poétique  reste  un  genre  agréable  et  léger.  A  titre  d’exemple,  et  pour
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