Page 21 - Petit guide pratique et facile de versification de Franck Lafossas
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                                    Y placer l’harmonie




          3-1 Le choc des sons au sein du vers


          3-1-1 L’hiatus et sa cacophonie
          L’hiatus consiste en la rencontre déplaisante de deux voyelles sonores, la première en fin d’un
          mot et la seconde en début du mot suivant, par exemples « j’ai été » ou bien « tu as ».
          Il n’existe pas d’hiatus si cette succession se situe à l’intérieur d’un mot, par exemple dans « il
          tua ».
          L’hiatus  constitue  une  faute  majeure  en  poésie  classique  car  il  nuit  à  l’harmonie  de
          l’expression.
          Au fait, ne dites pas « le hiatus » car le « h » d’hiatus n’est pas aspiré.

          3-1-2 : L’hiatus et l’élision
          Il n’existe aucun hiatus si le premier des deux mots, dont les voyelles se rencontrent, se termine
          par la voyelle « e » non accentuée, par exemple dans « l’automne arrive ». En effet, le « e »
          muet final est absorbé, dans la voyelle accentuée « a » qui le suit. On appelle cela l’élision.

          3-1-3 L’hiatus et le « h » aspiré ou non aspiré
          Le « h » aspiré, placé au début du second mot, empêche l’hiatus. Mais le « h » non aspiré
          lui est indifférent.
          Par exemples, il existe un hiatus dans « j’ai habité » car le « h » de « habité » n’est pas aspiré,
          Mais il n’existe pas d’hiatus dans « je hais » à cause de la barrière du « h » aspiré du verbe
          « haïr ».
          Pa exemple, dans ce quatrain, et malgré la cacophonie créée par les sons qui se choquent,
          l’auteur n’a commis aucun hiatus car il a joué de la présence des « h » aspirés :
          « J’ai pendu l’hiatus odieux à la hart,
          J’en haïssais le heurt, honteux hoquet hagard.
          « Que jamais nul répit mon trépas ne t’accorde ! »
          Ânonna le honni quand je hissais la corde. »
          Franck Lafossas

          3-1-4 L’hiatus et la conjonction de coordination « et »
          Le « t » final de la conjonction de coordination « et » n’empêche pas l’hiatus. Par exemple,
          l’expression « et ainsi » contient la faute.
          L’explication de cette très ancienne règle tient en ce que le « t » final de cette conjonction ne se
          prononce jamais et ne sert à aucune liaison.

          Mais ce n’est pas le cas du verbe être, notamment dans l’expression « il en est ainsi » car le
          « t » final du verbe « est » autorise la liaison.

          3-1-5 L’hiatus et l’« y »
          Certains poètes tolèrent la formule « il y a », au motif que la voyelle « y » ne ressortirait pas à la
          règle générale.
          Edmond  Rostand  lui-même  l’utilise  dans  le  dernier  acte  de  « Cyrano-de-Bergerac ».  Je  la
          déconseille. Cette licence n’est pas générale, elle n’est pas harmonieuse et son usage peut se
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