Marie-Antoinette Andres – Artiste littéraire

Marie-Antoinette Andres a consacré la première partie de sa vie aux sciences. Après des études de physique et chimie, elle a exercé successivement les métiers de secrétaire puis d’attachée d’administration, d’analyste en informatique de gestion et celui de professeur certifié de mathématiques.

L’arrivée de la retraite lui a permis de s’adonner à d’autres disciplines jusque là inaccessibles faute de temps, dans le domaine littéraire, psychologique et artistique, chacune d’entre elles étant alimentée par les autres et les alimentant à son tour.

L’aquarelle, l’astrologie, la lecture, la musique figurent parmi ses passe-temps favoris. Elle accompagne également son mari Daniel, guitariste et cantaor, dans quelques chants traditionnels andalous auquel il a si bien su l’initier.

L’Enneagramme envolutif lui a ouvert les portes de la PNL, de l’EFT et surtout de l’hypnose Éricksonienne qu’elle exerce en tant que maître praticienne dans un but thérapeutique. Des formations en sonothérapie et mouvements oculaires sont venus enrichir cette pratique et lui ont fourni des atouts supplémentaires dans le domaine poétique qui lui a toujours été familier.

Marie-Antoinette est membre de la Société des Poètes Français et des Arts et Lettres de France dont elle a eu la joie de recevoir, cette année la médaille de bronze du mérite littéraire.

Elle est également chevalier dans l’ordre des palmes académiques.

Recueil

Un recueil publié : « Mon jardin en Poésie »

Ce recueil a obtenu en 2015, le prix Marie Noël décerné par la Société des Poètes Français.

Il est disponible par commande auprès de l’auteur à l’adresse suivante : plume.grillon@gmail.com

Récompenses

  • 2017 : Grand prix des Lettres (Arts Sciences Lettres)
  • 2014 : Grand prix Charles Trenet (Mille Poètes en Méditerranée)
  • 2015 et 2017 : Prix Albert Bausil (chanson poétique – Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2017 : Prix Paul Corazzi (Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2016 : Prix Soledad (Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2016 : 1er prix de l’humour (Arts et Lettres de France)
  • 2016 : 1er prix de poésie libre (LPO Champagne – Ardennes)
  • 2016 : 1er prix de poésie libre rimée (Montélimar)
  • 2016 : 1er prix de nouvelle (Terres de Camargue)
  • 2014 : 1er prix de poésie Néoclassique (Salon Orange)
  • 2013 : 1er prix d’acrostiche (Mille Poètes en Méditerranée)

 

Prix Claude FERRER

 APRÈS  LA  NUIT

J’ai vu, par la fenêtre ouverte,
Danser deux jaunes papillons.
L’air était bleu, l’herbe si verte,
Et la vie, plus que de raison,
Gratuitement m’était offerte.

J’ai vu, voler au fil de l’onde,
La libellule aux ailes d’or.
L’eau courait, rapide et profonde.
Moi, dans ce somptueux décor,
Je voyais la beauté du monde.

À l’heure où se lève la lune,
J’ai regardé brûler le ciel.
J’ai senti peines et rancunes
Fondre comme un gâteau de miel
Et se noyer dans la lagune.

Sereine, sur la Terre obscure,
J’attends la nuit qui va venir
Car après elle, j’en suis sûre,
Dans un très prochain avenir,
Viendra l’aube qui transfigure.

Déjà, je vois au ciel immense,
La gloire du soleil vainqueur,
Sa force, sa magnificence,
Et je sens jaillir en mon cœur
La foi, l’amour et l’espérance.

Marie-Antoinette Andres

 

ATTENTE

 Chuchotements du ruisseau qui serpente
Au travers des près verdoyants,
Garderez vous secrets, de la brise innocente,
Les doux épanchements ?

Ou direz vous cette extase divine
Qui vient éclore dans les cœurs
A l'heure où le printemps, de son pinceau, dessine
L'âme des fleurs ?

Rayons dorés, vifs éclats de lumière,
Jouant avec le clair-obscur
Des grands arbres mouvants protégeant les clairières
Comme des murs,

Tâches d'azur brillant entre les feuilles,
Sous-bois tout imprégnés d'odeurs
Petits chemins  discrets où l'ombre se recueille
Auprès des fleurs,

Et vous, spirales impalpables,
Porteuses de parfums sucrés,
Dont l'esprit gardera le goût inoubliable
Après l'été,

Confierez vous à la main du poète,
Le pinceau qui vous a permis
De donner à la Terre un petit air de fête,
Pour peindre un paradis ?

Chanterez vous le soir, à son oreille,
L'éternelle chanson des blés,
La rengaine des flots, berceuses sans pareilles
Des affligés ?

Car il attend de connaître l'ivresse
Enchanteresse de ces mots
Qui prodiguent par vous la vie, et la promesse
De nous hisser toujours plus haut.

Marie-Antoinette Andres

 

INVITATION AU RÊVE

Prends l'escalier blanc qui monte aux nuages.
Écoute, il t'appelle au cœur de la nuit
Pour te proposer d'étranges voyages :
Scintillant et blanc, il pulse sans bruit.

Il t'attend, serein, et sur chaque marche
Tu pourras glaner des étoiles d'or,
Semées en riant par le patriarche
Qui hante ces lieux quand la terre dort.

Prends cet escalier, le rêve t'invite.
Va, n'hésite plus, vole vers les cieux
Vers l'immense lac où la lune habite,
Et plonge à loisir dans ses rayons bleus

Tu découvriras des mondes étranges
Que nul œil humain n'a jamais connus.
Les démons, parfois, y côtoient les anges...
Et tout disparaît le matin venu.

Aussi, presse toi quand viendra l'aurore,
Dès que tu verras l'escalier pâlir,
Descend le avant qu'il ne s'évapore
Et garde en ton cœur son doux souvenir.

Ainsi, chaque soir, quand reviendra l'heure,
A l'appel reçu du fond de ton lit,
Tu pourras rejoindre cette demeure
Où le ciel nocturne accueille l'esprit.

Marie-Antoinette Andres

 

Prix Roger PINOTEAU

IVRESSE

Quand revenait l’époque où mûrit le raisin,
Délaissant les sommets où les troupeaux vont paître,
Quelques grappes ornant sa coiffure champêtre
Il partait sur son âne une coupe à la main.

L’Olympe, en ce temps là, s’ouvrait au genre humain
Et l’homme, dans les dieux pouvait se reconnaître.
Lorsqu’il voyait Bacchus et son âne apparaître,
Il entonnait gaiement quelque joyeux refrain.

Si de rouges couleurs lui montaient au visage,
Si quelques mots d’argot parsemaient son langage,
Si des éclairs nouveaux s’allumaient dans ses yeux

C’est qu’il tirait du vin la délicieuse ivresse
Qu’ont toujours partagée les hommes et les dieux
Et qui met dans le cœur des bouquets d’allégresse.

Marie-Antoinette Andres

 

 

1957 : LE JARDIN DE CHARLES

Ref : la chanson « Le jardin extraordinaire »

Maman, mon jardin extraordinaire,
Il est bien caché, au cœur du béton.
Le soir, j'y vais voir la belle Junon
Loin des noirs buildings et de la poussière
Et nous dansons, nus, sur le vert gazon.

Nous donnons du pain aux canards anglais
Et parfois l'un d'eux parle javanais.
Une oie, chaque nuit près de la grand' porte
Fait le guet, jusqu'à ce que l'on ressorte.

C'est le samedi que vient le Préfet,
En grande tenue, manger du gruyère.
Nous trinquons ensuite sur la bruyère
Tout en écoutant les oiseaux chanter.

C'est, maman, un square extraordinaire
Il y fait bon vivre et bon s'amuser
Nous y retrouvons d'humbles primevères
Qui, dans la verdure, aiment à danser
Une valse brune ou un menuet.
Au cœur du jardin se cache Artémise
Nul ne peut la voir sauf le fou chantant !
Tout cela, croit-on, ce sont des bêtises
Et pourtant le soir, quand l'ombre descend...

Si vous voulez voir cet endroit magique
Entrez avec moi dans cette chanson
Par la vaste porte de la musique
Tout en suivant votre imagination

Marie-Antoinette Andres

 

Catégorie : Adulte - Sonnet

LE MAS DE MON GRAND-PÈRE

L'été, je retrouvais le mas de mon grand-père,
Insolite demeure au charme villageois,
Ses bassins pétillants, ses petits ponts chinois,
Et ses chemins secrets qui fleuraient bon la terre.

La cuisine, surtout, vaste et rudimentaire,
Aux marmites ventrues, aux grands buffets en bois
Où trônaient pots de miel, d'olives et d'anchois
Offrait à mon esprit son généreux mystère.

J'y voyais mon aïeul découper finement
Ciboulette et persil, qu'il versait prestement
Dans la sauce aux oignons qu'il avait éclaircie.

Grand-mère l'assistait, toujours avec douceur,
Passée maître dans l'art de la diplomatie,
Et tous deux me servaient la soupe du bonheur.

Marie-Antoinette Andres

 

LES TERRES INTÉRIEURES

Qui nous dira l'attrait des terres inconnues ?
Terres imaginées et tissées par nos rêves,
Terres de souvenirs embellis par le temps,
Où règne à tout jamais un éternel printemps,
Où la chanson de l'eau pour nous coule sans trêve,
Où le corps et l'esprit peuvent se mettre à nu.

Qui décrira l'émoi d'accoster à leurs plages,
Libres, insouciants face à nos lendemains,
Laissant nos pieds fouler les herbages humides
Loin des cités bétons et des trottoirs arides ?
Qui dira la splendeur des couleurs du matin,
La fraîcheur des parfums, le goût des paysages ?

Ces terres inconnues où mon âme s'invite,
Sont faîtes pour tous ceux que la vie a blessés :
Refuges ciselés dans le bleu de l'azur,
Dans les joies partagées ou le silence pur,
Chacun peut y trouver des bras pour le bercer,
Et l'oubli des chagrins le temps d'une visite.

De multiples chemins en permettent l'accès :
L'eau tranquille d'un lac, les allées d 'un jardin...
Il peut même arriver aussi qu'on y pénètre
En entrouvrant du cœur les petites fenêtres
Et tout au fond de nous se dévoilent soudain
Ces terres inconnues d'où l'homme fut chassé.

Riches de nos acquis renouvelés sans cesse,
Elles offrent à tous d'insolites trésors :
Regards émerveillés, amour, bonté, bien être,
L'espoir de chaque instant qui nous pousse à renaître,
Voix apaisant l'esprit par de subtils accords...
Un peu de foi suffit pour gagner ces richesses.

Marie-Antoinette Andres

 

LE TESTAMENT

Avant de partir pour le grand voyage,
La tante Eulalie avait tout prévu :
Linventaire entier de son héritage,
Par un clerc obscur était détenu.

Après une vie de libertinage,
Trouvant que la fête avait trop duré,
Avec la sagesse de son grand âge,
Elle était partie sans fleur ni curé,

Laissant un monceau de joyeux messages
Témoins d’un passé long et agité,
Et quelques photos de beaux paysages
Invitant le corps à l’oisiveté.

Lorsque le notaire ouvrit l’enveloppe
Devant l’héritier rouge de plaisir,
Chaussant son monocle (il était myope),
Voyant la longueur il crut défaillir.

Puis il attaqua d’un ton monocorde
La liste des biens au neveu surpris :
Une vieille harpe et son jeu de cordes,
Une énorme assiette, un sachet de riz,

Un ciel de lit blanc, une grande armoire
Remplie de parfums secs ou éventés
Qu’elle reniflait toujours en mémoire
Des générations des siècles passés

Le notaire ainsi, grave et fataliste,
Nomma mille objets trois heures durant
Jusqu’au tout dernier de la longue liste :
Un grand sac plein d’or et de diamants.

Mais depuis longtemps, entr’ouvrant la porte,
L’heureux héritier fort désappointé,
Maudissant l’esprit de la tante morte,
En catimini s’était esquivé.

Marie-Antoinette Andres

 

L’ORMEAU

Retenant une larme, à l’ombre du tombeau,
Mon père me disait, me montrant un ormeau :
« Mon fils, vois-tu, ces morts que tout le monde oublie,
Retrouvent en cet arbre une nouvelle vie.

Des défunts enfouis, il va capturer l’ âme
Pour mieux en libérer l’enthousiasme et la flamme
Et comme par miracle, en la sauvant ainsi,
Il se sauve lui même et nous autres aussi.

Il puise, dans la terre où son estoc pénètre,
Le suc mystérieux qui jadis le fit naître
Et son corps, bien qu’informe et tordu par les vents,
Appartient à son tour au monde des vivants.

Son feuillage revêt la couleur d’espérance
Faite de joie, d’amour, et souvent de souffrance.
Dans ses branches vrillées, comme dans un miroir,
C’est la complexité de l’homme qu’on peut voir.

Je suis venu parfois à la tombée du jour
Parler à mes aïeux de mes chagrins d’amour :
Leurs voix, à travers lui, chantaient cette berceuse
Que j’entendais enfant, au clair de ma veilleuse,

A genoux sur la tombe, à l’heure où tout s’endort,
Je sentais que la vie triomphait de la mort
Sous l’abri verdoyant je fermais les paupières
Et le monde, soudain, s’emplissait de lumières.

Peut-être qu’un soir triste au bord de ce tombeau
Tu voudras t’épancher auprès du vieil ormeau.
S’il n’est plus là, mon fils, sèche vite tes larmes
Car la vie, j’en suis sûr, ne rend jamais les armes :

Si tu la cherches bien, tu trouveras la fleur,
Qui te dira l’amour dont fut rempli mon cœur.
En guise de chansons ou de parole tendre,
C’est son parfum subtil que tu pourras entendre. »

Marie-Antoinette Andres

 

RUPTURE

Il était arrivé de sa terre lointaine,
Revêtu de couleurs attirant le regard 
Qui lui donnaient un style un tantinet ringard,
Sans doute pour aller courir la prétentaine.

Je me laissai séduire et près de la fontaine,
D'un village perdu situé dans le Gard,
Je le déshabillai sans prendre aucun égard.
Tous mes sens enfiévrés d'une rage certaine.

Mon amour devint tel que j'en tombai malade.
Au médecin faisant office de prélat,
J'avouai mon péché, sans fard, sans reculade.

Il prêcha l'abstinence et plaida pour mon foie.
Convaincu, j'acceptai de suivre cette voie
Et rompis pour toujours... avec le chocolat !

Marie-Antoinette Andres

 

TON SOURIRE

Ton sourire s'adresse à moi,
Léger, délicat, romantique
Et tellement énigmatique,
Que mon cœur en tremble d'émoi.

Je voudrais comprendre pourquoi
Oh, sublime beauté mythique,
Ton sourire s'adresse à moi,
Léger, délicat, romantique !

Chaque fois que je t'aperçois,
Ton regard me suit : c'est magique !
Tu dois me trouver sympathique
Mona Lisa : Où que je sois

Ton sourire s'adresse à moi.

Marie-Antoinette Andres