Marie-Antoinette Andres – Artiste littéraire

Marie-Antoinette Andres a consacré la première partie de sa vie aux sciences. Après des études de physique et chimie, elle a exercé successivement les métiers de secrétaire puis d’attachée d’administration, d’analyste en informatique de gestion et celui de professeur certifié de mathématiques.

L’arrivée de la retraite lui a permis de s’adonner à d’autres disciplines jusque là inaccessibles faute de temps, dans le domaine littéraire, psychologique et artistique, chacune d’entre elles étant alimentée par les autres et les alimentant à son tour.

L’aquarelle, l’astrologie, la lecture, la musique figurent parmi ses passe-temps favoris. Elle accompagne également son mari Daniel, guitariste et cantaor, dans quelques chants traditionnels andalous auquel il a si bien su l’initier.

L’Enneagramme envolutif lui a ouvert les portes de la PNL, de l’EFT et surtout de l’hypnose Éricksonienne qu’elle exerce en tant que maître praticienne dans un but thérapeutique. Des formations en sonothérapie et mouvements oculaires sont venus enrichir cette pratique et lui ont fourni des atouts supplémentaires dans le domaine poétique qui lui a toujours été familier.

Marie-Antoinette est membre de la Société des Poètes Français et des Arts et Lettres de France dont elle a eu la joie de recevoir, en 2019, la médaille d’argent.

Elle est également chevalier dans l’ordre des palmes académiques.

Recueil

Un recueil publié : « Mon jardin en Poésie »

Ce recueil a obtenu en 2015, le prix Marie Noël décerné par la Société des Poètes Français.

Il est disponible par commande auprès de l’auteur à l’adresse suivante : plume.grillon@gmail.com

Récompenses

  • 2019 : 1er prix du sonnet (Arts et Lettres de France) et 2ème Prix de poésie classique et de poésie néoclassique (Arts et Lettres de France)
  • 2019 : Prix Claude-Marie reine des poètes (genêt d’or, Perpignan)
  • 2018 : Prix Arthur Rimbaud de la Société des Poètes Français pour le tapuscrit: »Feuilles de pluie sous le soleil du petit mas » (recueil de poèmes non encore publié)
  • 2018 : 1er prix de Lai (Arts et Lettres de France)
  • 2018 : Prix du 95ème anniversaire (genêt d’or, Perpignan)
  • 2017 : Grand prix des Lettres (Arts Sciences Lettres)
  • 2017 : Prix Albert Bausil (chanson poétique – Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2017 : Prix Paul Corazzi (Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2016 : Prix Soledad (Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2016 : 1er prix de l’humour (Arts et Lettres de France)
  • 2016 : 1er prix de poésie libre (LPO Champagne – Ardennes)
  • 2016 : 1er prix de poésie libre rimée (Montélimar)
  • 2016 : 1er prix de nouvelle (Terres de Camargue)
  • 2015 : Prix Albert Bausil (chanson poétique – Genêt d’Or – Perpignan)
  • 2014 : Grand prix Charles Trenet (Mille Poètes en Méditerranée)
  • 2014 : 1er prix de poésie Néoclassique (Salon Orange)
  • 2013 : 1er prix d’acrostiche (Mille Poètes en Méditerranée)

 


 APRÈS LA NUIT

J’ai vu, par la fenêtre ouverte,
Danser deux jaunes papillons.
L’air était bleu, l’herbe si verte,
Et la vie, plus que de raison,
Gratuitement m’était offerte.

J’ai vu, voler au fil de l’onde,
La libellule aux ailes d’or.
L’eau courait, rapide et profonde.
Moi, dans ce somptueux décor,
Je voyais la beauté du monde.

À l’heure où se lève la lune,
J’ai regardé brûler le ciel.
J’ai senti peines et rancunes
Fondre comme un gâteau de miel
Et se noyer dans la lagune.

Sereine, sur la Terre obscure,
J’attends la nuit qui va venir
Car après elle, j’en suis sûre,
Dans un très prochain avenir,
Viendra l’aube qui transfigure.

Déjà, je vois au ciel immense,
La gloire du soleil vainqueur,
Sa force, sa magnificence,
Et je sens jaillir en mon cœur
La foi, l’amour et l’espérance.

Marie-Antoinette Andres

 


DANSE NOCTURNE

La nuit étoilée,
De givre mêlée,
S’étend.

La lune glacée,
Laisse une traînée
D’argent.

Depuis la nuée,
L’haleine éthérée
Du vent,

Sur l’herbe mouillée,
Douce et parfumée,
Descend.

C’est l’heure où la fée
Paraît couronnée
Au champ,

En simple livrée,
De vapeur nimbée,
Dansant

Pour le coryphée
Qui, sous la feuillée,
L’attend .

Marie-Antoinette Andres 

 


INVITATION AU RÊVE

Prends l'escalier blanc qui monte aux nuages.
Écoute, il t'appelle au cœur de la nuit
Pour te proposer d'étranges voyages :
Scintillant et blanc, il pulse sans bruit.

Il t'attend, serein, et sur chaque marche
Tu pourras glaner des étoiles d'or,
Semées en riant par le patriarche
Qui hante ces lieux quand la terre dort.

Prends cet escalier, le rêve t'invite.
Va, n'hésite plus, vole vers les cieux
Vers l'immense lac où la lune habite,
Et plonge à loisir dans ses rayons bleus

Tu découvriras des mondes étranges
Que nul œil humain n'a jamais connus.
Les démons, parfois, y côtoient les anges...
Et tout disparaît le matin venu.

Aussi, presse toi quand viendra l'aurore,
Dès que tu verras l'escalier pâlir,
Descend le avant qu'il ne s'évapore
Et garde en ton cœur son doux souvenir.

Ainsi, chaque soir, quand reviendra l'heure,
A l'appel reçu du fond de ton lit,
Tu pourras rejoindre cette demeure
Où le ciel nocturne accueille l'esprit.

Marie-Antoinette Andres

 


UN AMATEUR DE VIN DIVIN

Je l’ai surpris un jour, alerte et matinal,
Sur la route montant d’Estagel vers Olette,
La face rubiconde et l’allure replète :
Bacchus en Roussillon, ce n’était pas banal !

Il avançait chargé d’un étrange arsenal
Où je crus reconnaître un pressoir obsolète.
Intrigué, j’enfourchai ma vieille bicyclette
Pour suivre de plus près cet être original.

Au muscat petit grain tout enrobé de brume,
Je le vis ajouter une touche d’agrume,
Augmenter le tannin dans le grenache noir,

Mélanger au Syrha framboise ou violette
Puis, enfin satisfait, prendre son entonnoir
Et de nectar divin, remplir sa gargoulette.

Marie-Antoinette Andres

 


LE GRAND VOYAGE

Il avait dans le cœur, l’odeur de la savane
Faîte de sang mélé, d’herbe et de ciel trop secs,
Les danses en couleur des toucans aux grands becs,
Et les rubans mouvants des lentes caravanes.

Dans ses yeux ricanait le spectre de la faim,
Sous les traits des enfants mourant à la mamelle
Dans son esprit tournait l’antique ritournelle
Que lui chantait jadis son oncle Joséphin.

Il portait sur son dos pour unique besace,
Le fardeau précieux des rites ancestraux.
Les vagues sur son front imprimaient des vitraux
Dont les reflets changeants formaient une rosace.

Son pays s’éloignait au rythme du ressac
Comme au lever du jour s’évanouit un rêve.
Ses larmes scintillaient au soleil qui se lève
Et la mer le berçait dans le ventre du bac.

Il s’était endormi, serré contre ses frères,
Ses deux mains enserrant l’espoir occidental,
Tandis qu’il poursuivait son voyage fatal,
Ignorant que les vents peuvent être contraires.

L’eau froide l’éveilla dans le soir qui tombait :
Il ne restait plus rien de la fragile barque
Ni de ses compagnons emportés par la parque.
Il regarda la mer... et sut comme il était
SEUL...

 Marie-Antoinette Andres

 


LE MAS DE MON GRAND-PÈRE

L'été, je retrouvais le mas de mon grand-père,
Insolite demeure au charme villageois,
Ses bassins pétillants, ses petits ponts chinois,
Et ses chemins secrets qui fleuraient bon la terre.

La cuisine, surtout, vaste et rudimentaire,
Aux marmites ventrues, aux grands buffets en bois
Où trônaient pots de miel, d'olives et d'anchois
Offrait à mon esprit son généreux mystère.

J'y voyais mon aïeul découper finement
Ciboulette et persil, qu'il versait prestement
Dans la sauce aux oignons qu'il avait éclaircie.

Grand-mère l'assistait, toujours avec douceur,
Passée maître dans l'art de la diplomatie,
Et tous deux me servaient la soupe du bonheur.

Marie-Antoinette Andres

 


UN JOUR, J’IRAI…

Un jour prochain, vers la source profonde
Que l’on dit sourdre au cœur de la forêt,
J’irai chercher ce que le vaste monde,
Jalousement, garde à jamais secret.

Car il paraît, si l’on en croît les sages
Dont les pieds nus foulèrent ces sentiers
Sous le soleil, la neige ou les orages,
Que de son eau nous sommes héritiers.

C’est en buvant à sa coupe divine
Que notre esprit, paisiblement, apprend
Ce qu’il ignore et quelquefois devine
Au prix d’un long et douloureux tourment.

Qui sait, peut-être à l’ombre d’une treille,
Tu m’attendras, des fleurs entre les mains.
Dans ton regard que l’espoir ensoleille,
Je cueillerai nos plus beaux lendemains.

Et si j’arrive avant toi dans ce monde
Je guetterai l’heure de ton retour
Au pays bleu que le soleil inonde
Pour te jurer un éternel amour !

Marie-Antoinette Andres

 


BELLUNE

Il naquit en juillet un soir de pleine lune,
Traditionnellement, en pays lunellois !
Sa face plate et ronde, aux traits un peu gaulois,
Rappelait son aïeul, l’archiduc de Bellune.

Il n’était pas de ceux que la gloire importune
Aussi la chercha-t-il dans ses nombreux emplois.
S’il ne la trouva point, il la frôla parfois
Mais la laissa passer... en courtois pescalune !

Métromane amateur, il explorait, la nuit,
Les multiples sentiers où le rêve conduit,
La lune lui servant d’aimable inspiratrice.

Et c’est sans le vouloir, poussé par le destin,
Qu’en taquinant la muse il devint écrivain,
Puis le mari comblé de sa seule lectrice !


Marie-Antoinette Andres

 


L’ORMEAU

Retenant une larme, à l’ombre du tombeau,
Mon père me disait, me montrant un ormeau :
« Mon fils, vois-tu, ces morts que tout le monde oublie,
Retrouvent en cet arbre une nouvelle vie.

Des défunts enfouis, il va capturer l’ âme
Pour mieux en libérer l’enthousiasme et la flamme
Et comme par miracle, en la sauvant ainsi,
Il se sauve lui même et nous autres aussi.

Il puise, dans la terre où son estoc pénètre,
Le suc mystérieux qui jadis le fit naître
Et son corps, bien qu’informe et tordu par les vents,
Appartient à son tour au monde des vivants.

Son feuillage revêt la couleur d’espérance
Faite de joie, d’amour, et souvent de souffrance.
Dans ses branches vrillées, comme dans un miroir,
C’est la complexité de l’homme qu’on peut voir.

Je suis venu parfois à la tombée du jour
Parler à mes aïeux de mes chagrins d’amour :
Leurs voix, à travers lui, chantaient cette berceuse
Que j’entendais enfant, au clair de ma veilleuse,

A genoux sur la tombe, à l’heure où tout s’endort,
Je sentais que la vie triomphait de la mort
Sous l’abri verdoyant je fermais les paupières
Et le monde, soudain, s’emplissait de lumières.

Peut-être qu’un soir triste au bord de ce tombeau
Tu voudras t’épancher auprès du vieil ormeau.
S’il n’est plus là, mon fils, sèche vite tes larmes
Car la vie, j’en suis sûr, ne rend jamais les armes :

Si tu la cherches bien, tu trouveras la fleur,
Qui te dira l’amour dont fut rempli mon cœur.
En guise de chansons ou de parole tendre,
C’est son parfum subtil que tu pourras entendre. »

Marie-Antoinette Andres

 


RUPTURE

Il était arrivé de sa terre lointaine,
Revêtu de couleurs attirant le regard 
Qui lui donnaient un style un tantinet ringard,
Sans doute pour aller courir la prétentaine.

Je me laissai séduire et près de la fontaine,
D'un village perdu situé dans le Gard,
Je le déshabillai sans prendre aucun égard.
Tous mes sens enfiévrés d'une rage certaine.

Mon amour devint tel que j'en tombai malade.
Au médecin faisant office de prélat,
J'avouai mon péché, sans fard, sans reculade.

Il prêcha l'abstinence et plaida pour mon foie.
Convaincu, j'acceptai de suivre cette voie
Et rompis pour toujours... avec le chocolat !

Marie-Antoinette Andres

 


TON SOURIRE

Ton sourire s'adresse à moi,
Léger, délicat, romantique
Et tellement énigmatique,
Que mon cœur en tremble d'émoi.

Je voudrais comprendre pourquoi
Oh, sublime beauté mythique,
Ton sourire s'adresse à moi,
Léger, délicat, romantique !

Chaque fois que je t'aperçois,
Ton regard me suit : c'est magique !
Tu dois me trouver sympathique
Mona Lisa : Où que je sois

Ton sourire s'adresse à moi.

Marie-Antoinette Andres