Fabrice Rouillé dit Fabrou – Artiste Peintre Amateur

Fabrice Rouillé Artiste Peintre Amateur

Formation artistique et expositions d’arts plastiques

  • 2024 – 2025 : cours de dessin et d’aquarelle dispensés par Benoît Meylander, artiste peintre professionnel et professeur d’arts plastiques.
  • 2017 – 2021 : cours de dessin (natures mortes et portraits) et d’aquarelle dispensés par Ana Drideanu, diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Bucarest (Roumanie).
  • 2013 – 2017 : cours de dessin, d’aquarelle et d’acrylique dispensés par Christiane Kesselmark, diplômée de l’Ecole des Arts appliqués de Paris et ayant un atelier à Cancale (Ille-et-Vilaine).
  • 2013 – 2014 : cours de dessin et d’aquarelle dispensés par Marie-Charlotte Houpert-Chauffeté, diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Valenciennes (Nord).

Expositions d’arts plastiques

  • 2025 : (01 et 02 février) : exposition à la salle polyvalente de Fontenailles (Seine-et-Marne).
  • 2024 : Salon des Artistes Indépendants à Paris (13 au 18 février).
    Du 16 au 23 novembre : exposition au Centre culturel Saint-Jean à Melun (Seine-et-Marne).
  • 2021 : première édition du Festival « Melun’Art » à Melun (Seine-et-Marne).
  • 2018 : œuvres d’art brut à l’inauguration de la galerie « Textor 74 » à Francfort (Allemagne).
  • 2017 : stage d’aquarelle à Cancale et troisième Prix de l’artiste peintre amateur à Lautrec (Tarn).

Entraînements sportifs en tandem adapté

  • 2022 (05 juin) : participation à la « Convergence Vélo » avec l’Association « Mieux se Déplacer à Bicyclette » à Paris.
  • 2022 (28 août) : périple de Paris à Melun (60 kilomètres). Article dans « La République de Seine-et-Marne » du 29 août 2022.
  • 2024 (25 mai) : participation à la « Convergence Vélo » avec l’Association « Mieux se Déplacer à Bicyclette » à Paris.

Distinctions

2021 : diplôme du « Bénévole de Melun » et « Trophée de la Ville de Melun » en 2012.

I – Le voyage Eugénie, sport, écologie, culture et solidarité en vélo adapté : Initiative de Fabrice Rouillé

1) Prémices du Voyage Eugénie

A l’été 2019, je suis envoyé à l’hôpital maritime de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour un bilan médical approfondi. A l’époque, on célébrait les cent cinquante ans de l’établissement, fondé en 1869 par l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Ces festivités me firent faire une promesse : « Je me promets qu’un jour, je sortirai de cet hôpital pour retrouver une ligne d’horizon et je referai du vélo pour rendre hommage à l’impératrice Eugénie, qui a tant fait pour les Français, puisqu’elle a fondé cet hôpital, en plus des Fourneaux économiques (ancêtres des « Restos du Cœur » actuels) et la station thermale d’Eugénie-les-Bains (Pyrénées-Orientales). Je partirai de Berck ».

Après réflexion, j’opte pour Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), là où l’impératrice Eugénie fit bâtir le palais impérial pour recevoir la haute société de l’époque (le roi d’Espagne, le tsar de Russie, la reine Victoria d’Angleterre) lors des Semaines impériales d’été. Relier la Manche à l’Atlantique, c’est rappeler que la France, pays unique en Europe, compte trois littoraux.

J’intitule ce défi le Voyage Eugénie, dont la philosophie tient en quatre valeurs : le sport (j’ai imaginé une traversée transversale de la France de la Manche à l’Atlantique), l’écologie (je ferai ce périple de plus de mille cinq cents kilomètres à bicyclette sans assistance électrique par respect pour l’environnement), la culture (il y aura des jours de repos pour visiter musées et sites à Compiègne, Paris, Melun, Fontainebleau et Biarritz, autant de villes où l’impératrice laissa une empreinte durable) et la solidarité (en cours de route les rencontres entre personnes valides et personnes en situation de handicap comme moi seront un enrichissement mutuel).

Après avoir défini un itinéraire en 21 jours et seize étapes (seize jours de vélo et cinq jours de repos), je parle du Voyage Eugénie au kinésithérapeute qui s’occupe de moi à Berck. Il me répond : « Ton projet est bien construit, inclusif et original. C’est remarquable, mais ton plan est trop ambitieux. Des étapes de cent kilomètres par jour, c’est digne du Tour de France et même un athlète Handisport des Jeux Olympiques met plusieurs années à préparer ses épreuves. Réduis tes étapes à soixante kilomètres quotidiens maximum et entoure-toi d’une équipe, avec un kiné et une infirmière pour l’assistance médicale et des sportifs qui ont l’habitude de monter la logistique et les points de ravitaillement indispensables à ce défi cycliste ». Fort de l’aval de ce kiné avisé, je m’adresse au service d’ergothérapie de l’hôpital maritime, qui me recommande le Centre de rééducation fonctionnelle de Coubert, où je m’entraîne spécialement du 07 septembre au 02 octobre 2020. Les essais de matériels (vélo couché, tricycle à main et monocycle à manivelle), les séances d’ergothérapie et de kinésithérapie sont concluants et j’obtiens même une lettre de recommandation d’un responsable du Centre de Coubert ! Ce sont les premiers soutiens au Voyage Eugénie, qui en entraînent beaucoup d’autres.

En effet, lors du Téléthon en décembre, (je participe au Téléthon chaque année depuis 1994), j’ai le plaisir de rencontrer à Melun deux athlètes de haut niveau : Claire Franson (championne de France Handisport en aviron) et Etienne Caprin (champion du monde Handisport en bi-athlon), qui sont emballés par le Voyage Eugénie, mais qui me mettent en garde : « C’est vraiment un beau projet et nous te soutenons à fond, mais attention. Si tu veux vraiment réussir, il te faut des parrainages (pour le financement), une équipe avec un entraîneur sportif, un kiné et des volontaires pour qu’à chaque étape le ravitaillement et le logement soient assurés, du bon matériel vélo et un entraînement physique et mental quotidien pendant un an ». Bref, une mise en condition d’athlète qui me manque un peu, mais le Voyage Eugénie aura bien lieu, j’en suis sûr dès ce jour-là. D’une part, Claire Franson et Etienne Caprin, sportifs accomplis reconnus nationalement et internationalement, viennent de confirmer ce que les professionnels de Berck et de Coubert m’ont dit. D’autre part, ces deux grands champions, Caprin et Franson, me disent : « Vas-y ! Nous sommes à tes côtés ! ». Malgré les nombreuses étapes à franchir, je suis ravi. Ma détermination est encore renforcée, au fil des mois, par le soutien d’autres athlètes, tels Philippe Croizon (nageur en situation de handicap qui fit la traversée de la Manche) et Stéphane Rossetto (coureur cycliste professionnel qui participa au Tour de France), du milieu associatif (monsieur Auclair, responsable du Stade Français, monsieur Belenfant, responsable de « Mieux se déplacer à bicyclette », monsieur Houllier, président d’ « Un bouchon, une espérance », Aude Moulin-Delalande, responsable des Sports au siège national d’ « A.P.F. France Handicap », Stein Van Oosteren, diplomate hollandais membre de « Mieux se déplacer à bicyclette » et auteur du livre « Pourquoi pas le vélo ? », Jean-Louis Pucheral, président d’ « A tour de bras », monsieur Guéguen, ancien responsable de « France Bénévolat », Josée Duriez, présidente de la « Ligue de protection animale », Océane Mabyre, responsable au siège national de la « Ligue de protection des Oiseaux », monsieur Delescluse, président du club « Les Cyclorandonneurs de Berck et monsieur Chabot, président du club « M C O cyclisme » au Mée-sur-Seine), du milieu culturel et médiatique (la journaliste Michèle Fournier, la troupe de théâtre du Signe, la romancière Sophie Stradnel, la chanteuse Saso, la psychologue et auteure Melinda Orset, la journaliste Eveline Leclercq, voir mes interviews du 17 octobre 2022 et 10 juillet 2023 sur le site Internet de Radio 6, le philosophe André Comte-Sponville, l’artiste plasticienne Sophie Lecomte, l’écrivain et responsable des « Amitiés Franco-Slovènes » Dominique Pilon, l’artiste peintre international Charles Goldstein, le musicien guinéen Joao Mota, le groupe musical « Duo de la Mancha », le chanteur et musicien Christian Bardat, Evelyne Billy, membre de la troupe « Dance Company » et le journaliste Luc Farissier, voir interview dans « Le Réveil de Berck » du 05 juillet 2023).

Le milieu institutionnel soutient aussi le Voyage Eugénie (madame Anja, diplomate à l’ambassade de Slovénie à Paris, madame Julie FRANCOIS, responsable pédagogique à l’Institut Régional du Travail Social de Berck, madame Martel, responsable pédagogique à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers de Berck, Lilian Beaulieu et le service des Sports du Conseil départemental de Seine-et-Marne, monsieur Louis Vogel, maire de Melun, madame Duquesne, responsable des Associations à la mairie de Melun, madame Gomes, responsable du Handicap à la mairie de Melun, madame Cellerier, ancienne responsable du Comité communal d’action sociale à la mairie de Melun, monsieur ROBERT, responsable des Sports à la mairie de Melun, merci particulier à lui, qui a beaucoup œuvré pour le financement du défi, l’Office du Tourisme de Berck et monsieur Bruno Cousein, maire de Berck, qui m’a fait l’honneur de sa présence lors du départ de Berck le 10 juillet 2023.

Enfin, je dois adresser UN GRAND MERCI à Wouter Balk, Pascale de Kayser, Eric Robert (distinct de monsieur ROBERT cité plus haut), Alix Lejeune, Raphaël Segerer et Vincent. Tous sont membres de « Melun Agglo Vélo » et ont constitué le cœur de cette équipe extraordinaire, grâce à laquelle le périple à bicyclette Berck-Compiègne a pu avoir lieu.

J’adresse UN AUTRE GRAND MERCI à Muriel et à Marie-Claire qui, sans compter leurs heures, ont apporté un soutien personnel et logistique indispensable, avant et pendant cette première partie du Voyage Eugénie, que j’intitule « Escapade Eugénie 2023 ». Toutes deux, par leurs conseils et leur patience, ont puissamment aidé au démarrage du Voyage Eugénie, qui se poursuivra jusqu’en 2027, à raison d’une semaine de vélo par an et trois cent kilomètres l’an.

2) L’équipe se constitue : mise en route du Voyage Eugénie

Lors du Forum des Associations de Melun, le 04 septembre 2021, je me rends, avec mon projet de Voyage Eugénie, au stand de « Melun Agglo Vélo », afin de trouver des accompagnateurs qui prendraient la piste cyclable avec moi. Tous sont enthousiasmés par ce projet novateur. Parmi les plus enthousiastes, monsieur Wouter Balk, qui me demande quel type de matériel je compte utiliser pour relier la Manche à l’Atlantique : vélo couché ou tricycle adapté. Je lui réponds que je n’ai pas de matériel, mais que j’ai besoin d’un vélo adapté.

Monsieur Wouter Balk me dit alors : « Ce projet est le plus original que j’aie abordé jusqu’à présent. En plus, comme tu es handicapé, réussir ton Voyage Eugénie constituera une prise de conscience pour les autorités, en montrant que les personnes en situation de handicap savent faire du vélo et sont demandeuses de davantage de pistes cyclables et surtout qu’elles soient mieux sécurisées. Chez moi, aux Pays-Bas, c’est le cas. Je te suis sur ce projet bien construit et je ferai en sorte qu’ensemble, nous réalisions le Voyage Eugénie ». Wouter Balk tint parole : le 25 octobre 2021, j’achetai un « Handbike » (monocycle à manivelle adaptable sur un fauteuil roulant manuel), accompagné de celui qui fut le premier membre de l’équipe du Voyage Eugénie. Effectivement, monsieur Balk passa un dimanche matin sur deux à m’accompagner sur le chemin de halage en bord de Seine, où je m’entraînais en conditions réelles, sur dix kilomètres, à six kilomètres à l’heure de moyenne.

Ces entraînements en extérieur, qui complétaient mes quatre séances hebdomadaires de vélo à bras en salle de sport, durèrent du 21 novembre 2021 au 12 avril 2022. Ce jour-là, Wouter Balk me dit : « Ton « Handbike » a l’avantage de la stabilité, puisque tu restes dans ton fauteuil roulant manuel tout en faisant du vélo à main, mais il y a deux inconvénients. D’abord, ton attelage « Handbike + fauteuil roulant » est trop large et trop fragile pour un terrain boueux et accidenté, que nous rencontrerons forcément sur notre route entre Berck et Biarritz. Ensuite, tu te traînes à une allure de tortue, puisqu’il te faut une heure et demie pour faire dix petits kilomètres. A ce rythme-là, toi qui ambitionnes de faire des étapes de 60 kilomètres quotidiens, tu passeras six heures par jour à faire du vélo à manivelle, ce qui en été est peu enviable. Je te rappelle que tu veux partir de Berck en juillet, alors que le risque de canicule est partout, même en Picardie. Voilà ma proposition : je vais récupérer deux vélos de mes enfants, devenus trop petits puisque ma progéniture a grandi, et je vais en faire un tandem expérimental. Ce sera le premier tandem « fait maison », sur lequel un handicapé et une personne valide feront du vélo ensemble, dans un esprit sportif et de solidarité ».

Aussitôt, j’applaudis à la proposition de Wouter (nous nous appelons déjà par nos prénoms et nous nous tutoyons c’est devenu un ami), qui correspond exactement aux valeurs du Voyage Eugénie : sport, écologie, culture et solidarité. Mais j’émets un doute : « Wouter, es-tu sûr que ton invention sera prête pour juillet 2022 ? ». Sûr de lui, monsieur Balk me répond : « Il le sera avant. Le 21 mai prochain aura lieu le Festival « Printemps sur Seine » à Melun.

Promesse tenue : le 05 mai 2022, Wouter sort de son garage.

3) Le « Wouterbike » fait ses preuves : l’équipe du Voyage Eugénie s’entraîne

  • 21 mai 2022 :
  •  28 mai 2022 :
  •  05 juin 2022 :
  •  03 juillet 2022 :
  •  24 juillet 2022 :
  •  28 août 2022 :
  •  07 septembre au 26 octobre 2022 :
  •  06 novembre 2022 :
  •  10 novembre 2022 :
  •  12 décembre 2022 :

 4) Janvier à juillet 2023 : entraînements sportifs, rencontres décisives, préparatifs

  • 22 janvier 2023 :
  • 16 février 2023 :
  • 05 mars 2023 :
  • 15 mars 2023 :
  • 30 mars 2023 :
  • 06 avril 2023 :
  • 22 au 26 avril 2023 :
  • 27 avril 2023 :
  • 10 mai au 09 juillet 2023 :

 5) Première Escapade Eugénie de Berck à Compiègne : du 10 au 17 juillet 2023

Lundi 10 juillet 2023 : il est 9 heures et demie du matin lorsque, avec l’équipe du Voyage Eugénie, composée de Marie-Claire, Muriel, Pascale, Alix, Eric, Raphaël et Wouter, je quitte le Centre de soins dont le directeur, ainsi que la responsable du service de kinésithérapie et les deux professeurs d’Activités Physiques Adaptées (A.P.A.) qui m’ont entraîné deux mois durant, Adrien et Lucas, me font l’amitié de me souhaiter bonne chance pour ce grand départ du Voyage Eugénie, un rêve devenu réalité grâce, en grande partie, à leur soutien constant depuis trois ans et à leurs conseils avisés, dont je les remercie chaleureusement.

Juchés sur le tandem « Wouterbike », Wouter et moi, accompagnés de nos six co-équipiers à bicyclette, avons revêtu la tenue du « Voyage Eugénie Berck-Biarritz à vélo » : gilets bleu fluorescents siglés « Le Voyage Eugénie Berck-Biarritz » et casquettes noires, simplement siglées « Le Voyage d’Eugénie ». Cette tenue si seyante fut fournie à toute l’équipe du « Voyage Eugénie Berck-Biarritz à vélo » par Marie-Claire, dont la bonne humeur et l’enthousiasme permanents sont l’un des moteurs du groupe.

A dix heures précises du matin, l’équipe du « Voyage Eugénie Berck-Biarritz à vélo » se présente devant le Syndicat d’Initiatives de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), où nous attendent monsieur Bruno Cousein, maire de Berck, son chef de Cabinet, monsieur Roger,

Mardi 11 juillet 2023 : Départ de Saint-Valéry-sur-Somme à onze heures du matin. Nous avons la surprise d’entendre le sifflet caractéristique d’un train à vapeur. Au passage à niveau, sous nos yeux éberlués, une locomotive à l’ancienne, noire et fumante, tire des wagons de bois verni avec plateforme à l’arrière, comme autrefois. C’est la première fois pour ma part que je vois de mes yeux un train à vapeur encore en fonctionnement.

A midi un quart, arrivée à Abbeville (Somme), sa cathédrale gothique aux dentelles de pierre, cette belle pierre blanche de Picardie, son horloge si particulière et son parc public, dont l’entrée est monumentale, où nous prenons notre pique-nique. Départ à quinze heures, nous longeons toujours le canal de la Somme et découvrons le village de Long et son château Renaissance (le seul de Picardie), avec ses serres aux roses fleuries, avec en premier plan roseaux, nénuphars et canards s’ébrouant dans le canal. Ce décor bucolique inspire Wouter et Marie-Claire qui, toujours vêtus de leur gilet fluorescent siglé « Voyage Eugénie », s’accordent trois quarts d’heure de nage dans la Somme. Cette pause inattendue est la bienvenue, et les autres membres de l’équipe Eugénie en profitent pour mettre leurs bicyclettes sur leurs béquilles et se dégourdir les jambes. Dans le ciel d’azur, le soleil radieux darde ses rayons (je m’étonne d’avoir déjà, comme tous les membres de l’équipe, des coups de soleil sur le visage et les bras dès le deuxième jour du périple) avec une température qui dépasse les trente degrés Celsius, conditions météorologiques insolites pour le Nord de la France, même en été. Wouter avait raison, le risque de canicule est bien réel, même en Picardie !

Leur bain terminé, Wouter et Marie-Claire regagnent la berge, se sèchent et nous rejoignent. Toujours de belle humeur, Marie-Claire s’éclaire d’un sourire : « Les évènements imprévus sont souvent les plus riches. Cette trempette inopinée m’a ressourçée en me remettant en communion avec la Nature. Je recommencerai à la première occasion ! » s’enthousiasme-t-elle.

Nous nous remettons en route à 16 heures 30 et abordons bientôt le village d’Etoile, avec sa briqueterie désaffectée et son café (seul commerce encore existant), où nous prenons un verre à 18 heures (mon diabolo grenadine bien frais est délicieux) ! Puis, ultime départ vers Picquigny (Somme), où le roi d’Angleterre Edward IV et le roi de France Louis XI signèrent un Traité de paix qui mit un terme définitif à la guerre de Cent Ans, le 29 août 1475. Là encore, le souvenir de Jeanne d’Arc me revient. Nous avons quitté cette héroïne de ladite guerre de Cent Ans à Saint-Valéry-sur-Somme, elle se manifeste à Picquigny, que nous atteignons peu avant 19 heures. L’église blanche au beffroi (c’est le nom des clochers en Picardie) d’ardoises sonne tous les quarts d’heure. Nuit au camping de Picquigny, après neuf heures de vélo et 66 kilomètres !

Mercredi 12 juillet : l’équipe du Voyage Eugénie quitte Picquigny à neuf heures du matin. Toujours fidèles au canal de la Somme, nous découvrons le site culturel de Samara, où sont reconstituées des huttes de l’âge de bronze. Puis, nous atteignons Amiens (Somme), capitale de la Picardie, où Wouter et moi visitons la cathédrale. Ce pur chef d’œuvre du style gothique flamboyant nous embrase du feu de ses vitraux, d’une finesse de détails incomparable, encore soulignée par le soleil estival qui baigne la nef centrale, le transept et les travées de ce vaisseau immobile aux dentelles de pierre blanche, où les tableaux religieux du XVIIème siècle, Manifestes visuels de la Contre-Réforme, côtoient les reliquaires monumentaux du Moyen-Age, les arts d’hier rejoignant ceux d’aujourd’hui, dans un même cri de foi ! Encore ému, je quitte à regret ce lieu merveilleux pour rejoindre avec Wouter le reste de l’équipe dans un café pour une pause fraîcheur. Il est midi et demie lorsque nous quittons Amiens direction Corbie (Somme), village natal de sainte Colette, où nous nous arrêtons pour pique-niquer. L’église de Corbie est surprenante, aussi bien par sa beauté, avec ses deux tours et ses portes bleues monumentales, que par ses dimensions, qui la rapprochent d’une cathédrale. Le souvenir de sainte Colette doit déplacer les montagnes pour qu’un simple village picard se dote d’un si bel et grand édifice religieux ! Sous le kiosque à musique, déjà pavoisé de drapeaux tricolores pour annoncer la Fête Nationale, nous rencontrons un homme au regard franc, à la carrure imposante et à la démarche assurée. Voyant les pancartes « Voyage Eugénie » et nos gilets du même sigle, il nous interpelle : « Vous comptez vraiment aller jusqu’à Biarritz en caravane de bicyclettes ? ». Je lui explique alors la genèse du Voyage Eugénie, sa philosophie. Les autres membres de l’équipe présents, Marie-Claire, Pascale, Eric, Raphaël et Wouter, complètent mes propos pertinemment. Notre interlocuteur est à la fois admiratif et intrigué par le tandem « Wouterbike » : « Vous l’avez trouvé dans le commerce ? ». Wouter se lance alors dans un exposé sur la manière dont il a fabriqué le tandem.

Notre homme, de plus en plus admiratif, se dévoile : « Moi aussi je suis sensible à l’inclusion des personnes en situation de handicap. Je suis éducateur au Foyer d’Accueil Spécialisé, qui accueille cette fois des personnes handicapées cérébro-lésées » dit-il. Je lui demande s’il est possible que je fasse dans sa structure une conférence, suivie d’une exposition d’aquarelles (j’ai déjà réalisé plusieurs croquis depuis deux jours), à l’automne 2023, sur la première Escapade Eugénie Berck-Compiègne, que nous sommes en train de vivre avec l’équipe. L’éducateur me répond : « Une conférence serait inaccessible aux capacités intellectuelles de nos pensionnaires, mais une expo serait la bienvenue. L’art est un moyen d’expression et d’inclusion ». J’acquiesce et prends le nom de notre homme en le remerciant de sa sollicitude. Le Voyage Eugénie, c’est aussi de belles rencontres.

Nous quittons Corbie en début d’après-midi et reprenons la piste cyclable bitumée longeant le canal de la Somme. L’équipe est admirative de la qualité des aménagements cyclables en Picardie : des pistes cyclables larges (plus de deux mètres), où l’on peut aisément se croiser à vélo, un terrain plat et un bitume neuf, qui nous donne l’impression de pédaler sur du velours. Vraiment, les pistes cyclables de Picardie, du moins celles que nous empruntons depuis deux jours, sont les meilleures de France ! Les paysages sont à l’avenant : sous un soleil radieux brillant dans un ciel d’azur, se succèdent les écluses, entre lesquelles les péniches de marchandises font peu à peu place à des bateaux de plaisance, de plus en plus nombreux. Indifférents aux embarcations, les troupeaux d’oies et les familles de canards colvert, se dorant au soleil au milieu des joncs et des nénuphars, s’étonnent à peine devant notre caravane cycliste, habitués qu’ils sont à la présence humaine, notamment celle des éclusiers et des pêcheurs à la ligne. Justement, l’un d’eux sort sous nos yeux un gros poisson (un mètre environ), dont les écailles brillent au soleil de juillet, et qu’il met dans un casier. Tous les cent mètres, nous sommes intrigués par ces ponts en dos d’âne, dont l’accès est barré par des portes fermées au milieu de chaque pont qui enjambe le canal de la Somme. Peu à peu, nous abordons des paysages de champs de blé mûrs et d’orge en épis, bordés de coquelicots en fleurs, taches rouges sang rappelant que la plaine de Picardie, aujourd’hui si calme, fut ravagée d’obus et de batailles de tranchées, lors de la Première Guerre mondiale, notamment à Péronne (Somme), où soldats anglais, français et allemands connurent une mort terrifiante. « La Paix a un prix » me dis-je.

Mes pensées s’arrêtent lorsque, avec la fin de la piste cyclable, nous devons passer à travers un champ d’avoine sur un chemin de terre très caillouteux. Finie la quiétude, les bicyclettes grincent, tremblent, les pneus sont à rude épreuve. Pour la première fois, je vois Wouter, à l’arrière du tandem, énervé et inquiet : « Au lieu de te retourner, regarde devant toi et pédale ! Si nous crevons ou si le châssis casse, c’est la fin de l’aventure. On sort de ce champ le plus vite possible ou il va y avoir de la casse ! » dit-il. Je reste confiant : « Rassure-toi, ce ne pourra pas être pire que la côte de Montgeron (Essonne) le 28 août 2022 ! » lui dis-je. Enfin, nous arrivons à Bouzancourt (Somme) à 19 heures. Nous avons parcouru 53 kilomètres en dix heures, c’est une longue durée pour un si court trajet.

Lors du dîner dans la chambre d’hôtes (la seule de cette Escapade), l’équipe, par la voix d’Eric, me dit que tous les participants sont épuisés et que si on continue à ce rythme trop ambitieux, il y aura un accident corporel avec blessure ou un vélo hors d’usage. En conséquence, c’est lui qui se chargera de réserver les campings et les étapes feront désormais vingt-cinq kilomètres par jour. Je regrette ces décisions, mais je les accepte en faisant des concessions.

Jeudi 13 juillet : nous quittons Bouzancourt à dix heures du matin, après une nuit confortable, où nous avons pu nous reposer. L’équipe a décidé que nous nous arrêterions à Chipilly (Somme), dont l’éducateur rencontré à Corbie nous a dit que c’est l’un des seuls villages de France qui compte deux Monuments aux Morts, l’un pour les Poilus tombés au Champ d’Honneur et l’autre pour les chevaux de guerre. Nous assistons aux cérémonies de la Fête Nationale, avec dépôt de gerbes de fleurs sur les deux Monuments aux Morts, et recueillement en cortège au cimetière, où douze stèles commémorent les soldats britanniques tombés, de 1916 à 1918, à Chipilly, simple village de 180 habitants. La Grande Guerre toucha terriblement la Picardie : « Aujourd’hui, la guerre est de retour en Europe, la situation en Ukraine en témoigne. Ces soldats anglais tombés il y a plus d’un siècle, aux côtés des Poilus français, dont certains étaient de notre beau village de Chipilly, pour défendre la liberté de la France, nous disent que notre liberté s’appuie sur la fraternité et l’égalité entre citoyens, ce sont les valeurs de notre République. Que chacun rende hommage aux Poilus de la Grande Guerre, au nom du Devoir de Mémoire, et fasse vivre nos valeurs républicaines au quotidien. La cohésion de notre République en dépend ! » déclare Jean-Luc Delétré, le maire de Chipilly dans son discours, avant d’observer une minute de silence. J’en ai les larmes aux yeux. Ensuite, nous participons au banquet du 14-Juillet et au feu d’artifice. Au cours du banquet, le maire de Chipilly félicite l’équipe du Voyage Eugénie et nous apporte son soutien. Nous prenons la pose pour une photo avec Jean-Luc Delétré.

Vendredi 14 juillet : nous quittons Chipilly à dix heures du matin et atteignons Péronne à onze heures et demie. Visite du Mémorial de la Grande Guerre, à la fois sobre, intime et pédagogique. Traversant le village de Cappy (Somme), nous y trouvons à la fois la gare d’où part le train à vapeur croisé à Saint-Valéry-sur-Somme et un Monument aux Morts très évocateur, avec la statue d’un Poilu français, courant, plein de courage, le fusil Lebel dans une main et la palme du Martyr dans l’autre. La Grande Guerre devait être la « Der des Der », d’où un Monument aux Morts par commune française, chaque famille de France comptant un Poilu tué ou blessé.

Abordant le village de Froissy (Somme), nous y découvrons un lac, où vivent les plus petits hérons d’Europe. Marie-Claire et Wouter en profitent pour s’y baigner.

Au Mémorial de la Grande Guerre, le musée est installé dans une forteresse médiévale qui servit de décor au Traité de Péronne, signé entre le duc de Bourgogne, Charles-le-Téméraire et le roi de France Louis XI, le 14 octobre 1468.

L’Histoire médiévale rejoint ainsi l’Histoire contemporaine. La visite du Mémorial de Péronne est un grand moment. Dans l’ancienne cour du donjon, la statue d’un Poilu français, rappelant celle du Monument aux Morts de Cappy (Somme), aperçue ce matin et un char d’assaut français Schneider, portant encore son lieu et sa date de sortie d’usine « Schneider – Le Creusot – 1917 » (la Première Guerre mondiale vit les avions, les chars, les sous-marins et le téléphone utilisés pour la première fois), nous accueillent. « Ce type de char d’assaut a été beaucoup moins utilisé que les chars lourds Renault, qui étaient à la fois plus légers et plus maniables » nous explique Raphaël. A l’intérieur, quatre obus de gros calibre, allemands, anglais et français, nous rappellent que l’offensive franco-britannique de Péronne (Somme), déclenchée le 1er juillet 1916 pour soulager le front de la bataille de Verdun (Meuse), vit trente millions d’obus tirés par les Anglais (qui déplorèrent trois cent cinquante mille « Tommies » tués), les Allemands (qui déplorèrent deux cent soixante-dix mille soldats tués) et les Français (qui déplorèrent cent trente mille Poilus tués), jusqu’à l’automne 1916. Après quatre mois de bataille homérique, la terre de Picardie ressemble à un paysage lunaire, plus d’un demi-million d’hommes de trois nationalités sont morts et l’ « Enfer picard » laissa en héritage deux fleurs symboliques : le bleuet, adopté par les Poilus français et le coquelicot ou « Poppy », symbole du sang versé, adopté par les « Tommies ». En leur souvenir, les Britanniques, qui célèbrent eux aussi l’Armistice de la Grande Guerre, appellent le 11-Novembre « Poppy Day ». Le musée se divise en trois salles, aussi sobres qu’évocatrices.

 Je ressors assez secoué de cette visite, qui me rappelle combien la terre de France fut ravagée par la Grande Guerre, de l’Alsace-Lorraine à l’Argonne et de l’Artois à la Picardie, en passant par la Seine-et-Marne, l’invasion allemande de 1914 touchant Lagny, Meaux (où l’évêque fut la seule autorité à s’opposer aux Allemands après l’évacuation des femmes et des enfants) et le village du Multien, où fut tué le lieutenant Charles Péguy (un poète talentueux fauché par la guerre, comme Guillaume Apollinaire en 1918).  Nuit au camping de Péronne.

Samedi 15 juillet : nous complétons notre visite au Mémorial de Péronne. La première salle est consacrée aux causes de la Grande Guerre (course aux armements des puissances européennes, question des nationalités dans les Balkans dont l’attentat de Sarajevo sera le détonateur en juin 1914, volonté de revanche en France pour reconquérir l’Alsace-Lorraine), la seconde salle est consacrée à la bataille de la Somme en elle-même et la troisième salle évoque les conséquences de l’Armistice du 11 novembre 1918 (Traité de Versailles, question des réparations de guerre à payer par l’Allemagne et l’Occupation française de la Rhénanie en 1923, création de la Société des Nations).  Je repense à mon grand-père paternel, Paul Rouillé, mobilisé à l’âge de 18 ans, envoyé à Verdun (Meuse) en 1916, où il fut blessé, avant d’être envoyé sur le front d’Orient, en participant à la Libération de Skopje (Macédoine), puis de Sofia (Bulgarie) et de Bucarest (Roumanie) où il apprit la signature de l’Armistice de Rethondes (Oise), avant d’être envoyé à Odessa (Ukraine), commandé par le maréchal Franchet d’Espérey. Je laisse un mot sur le Livre d’Or. Dans l’après-midi, nous quittons Péronne pour Béthencourt-sur-Somme, où nous couchons au camping.

Dimanche 16 juillet : nous quittons Béthencourt-sur-Somme pour atteindre Noyon (Oise) en fin d’après-midi. C’est au pied de la cathédrale de Noyon que nous rejoint Muriel et sa camionnette. Nuit au camping de Noyon. Nous fêtons nos retrouvailles au champagne !

Lundi 17 juillet 2023 : nous atteignons le château de Compiègne, où l’impératrice Eugénie fut si présente, et je donne une interview à une journaliste du « Courrier Picard ». Cette interview sera publiée le lendemain, 18 juillet dans le « Courrier Picard ». Quelle fierté pour moi de poser avec l’équipe du Voyage Eugénie devant le château de l’impératrice ! Je reviens à Melun en camionnette avec Muriel, les autres membres de l’équipe reviennent en train.

Conclusion : cette aventure fut un plein succès, sur les plans sportif, culturel, écologique et humain. J’ai réussi à fédérer une équipe de sept personnes (qui forment le cœur du Voyage Eugénie) et à obtenir le soutien de dizaines d’autres personnes (qui forment l’équipe élargie du Voyage Eugénie), issues de milieux différents (Associations, arts et culture, médecine, sport) autour d’un projet inclusif. Le Voyage Eugénie a prouvé que le rêve pouvait devenir réalité, grâce à la participation de chacun. Je suis prêt à repartir de Compiègne en 2024, pour la seconde Escapade Eugénie, qui passera par Melun. Merci à tous !

Fabrice Rouillé,

Le 04 août 2023.

 

II – Voyage Eugénie 2024 : de Melun (Seine-et-Marne) à Sully-sur-Loire (Loiret) : 11 – 18 juillet 2024

Le soutien de la Ville de Melun au Voyage Eugénie est constant depuis près de deux ans. Au nom de l’équipe du Voyage Eugénie, je tiens particulièrement à remercier : monsieur Louis Vogel, ancien maire de Melun et actuel sénateur de Seine-et-Marne, madame Monique Cellerier, membre du Comité Communal d’Action Sociale (C.C.A.S.), monsieur Kadir Mebarek, actuel maire de Melun et l’ensemble du personnel de la Ville de Melun, en particulier le Comité Communal d’Action Sociale.

L’objectif de notre seconde Escapade Eugénie sera de relier deux fleuves, la Seine et la Loire.

Voici l’itinéraire de la seconde Escapade Eugénie :

Jour 1, jeudi 11 juillet 2024 : de Melun au château de Fontainebleau (Seine-et-Marne), soit 25 kilomètres (60 % de pistes cyclables).

Première pause culturelle de la seconde Escapade Eugénie : visite du château de Fontainebleau.

Camping municipal de Samoreau – 11, rue de l’Eglise – 77 210 SAMOREAU

Jour 2, vendredi 12 juillet : de Samoreau à Bagneaux-sur-Loing (Seine-et-Marne), soit 34 kilomètres (dont 95 % de Véloroute).

Camping « La Rivière Dorée » – 1, Chemin des Grèves – 77 167 BAGNEAUX-SUR-LOING

Jour 3, samedi 13 juillet : de Bagneaux-sur-Loing à Montargis (Loiret), soit 30 kilomètres (dont 96 % de Véloroutes).

Camping de la Forêt – 38, avenue Louis Maurice Chautemps – 45 200 MONTARGIS

Jour 4, dimanche 14 juillet : de Montargis à Rogny-les-Sept-Ecluses (Yonne), soit 36 kilomètres (dont 99 % de Véloroute).

Camping « Les Lancières » – Rue André Henriat – 45 220 ROGNY-LES-SEPT-ECLUSES

Jour 5, lundi 15 juillet : de Rogny-les-Sept-Ecluses (Yonne) à Briare (Loiret), soit 21 kilomètres (dont 96 % de Véloroutes).

Camping « Le Martinet » – Val Martinet – 45 250 BRIARE

Seconde pause culturelle du Voyage Eugénie : visite du pont de Briare.

Jour 6, mardi 16 juillet : de Briare à Poilly-lès-Gien (Loiret), soit 19 kilomètres (dont 83 % de Véloroute).

Camping « Loire ‘n Co » – Bât. 1 – 1, rue de l’Iris – 45 550 POILLY-LES-GIEN

Troisième pause de la seconde Escapade Eugénie : visite de la faïençerie de Gien.

Jour 7, mercredi 17 juillet : de Poilly-les-Gien à Saint-Père-sur-Loire (Loiret), soit 29 kilomètres (dont 92 % de Véloroutes).

Camping  « Le Jardin de Sully » – 1, rue d’Orléans – 45 600 SAINT-PERE-SUR-LOIRE

Quatrième pause de la seconde Escapade Eugénie : visite du château de Sully-sur-Loire.

Jour 8, jeudi 18 juillet 2024 : retour à Melun en camionnette.

Source : www.francevelotourisme.com

Fabrice Rouillé, le 05 février 2024.

Contact

Fabrice Rouillé

Email : rouillefabrice@club-internet.fr

Cagnotte Leetchi : www.leetchi.com/fr/c/voyage-a-velo-de-fabrice-5982608