Page 6 - Traité de versification, métrique et prosodie
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         Exemple : le parfum ne rime pas avec le rhum
         Les mots en âme ne riment pas avec ceux en ame (sans accent circonflexe) tout comme les mots en ôle
         avec ceux en ole, ceux en ôme avec ceux en omme etc…

         1-4 La qualité de la rime

         1-4-1 Le choix des rimes
             Choisir la bonne rime, bien placée, constitue un jeu d’adresse intellectuelle. La virtuosité, la surprise,
         participent au plaisir de la versification. Un mot ne peut donc rimer avec lui-même. En revanche, il peut
         rimer avec son homonyme.
         Exemple : un vase rime avec la vase
             Ce jeu d’adresse intellectuelle impose également d’éviter qu’un mot rime avec son composé direct ou
         son opposé direct.
         Exemple : venir ne peut rimer avec revenir, devenir (et autres composés directs)
         Exemple : facile ne peut rimer avec difficile

         1-4-2 La différence de richesse des rimes
             On distingue généralement les rimes pauvres, suffisantes et riches. Les rimes ont d’autant plus besoin
         d’être riches qu’elles sont éloignées l’une de l’autre, tandis que leur répétition immédiate rend désagréable
         (proche d’un jeu de mots) une trop forte identité des sons.
             Certaines  formes  poétiques  fixes,  sonnet  par  exemple,  n’admettent  pas  les  rimes  pauvres.  Cela
         s’explique par le fait que la forme fixe du sonnet impose l’éloignement des rimes embrassées.

         1-4-3 Les rimes pauvres
             Les rimes pauvres ne reposent que sur une voyelle accentuée. Elles ne sont liées que par un son.
         Elles sont proches d’une simple assonance.
         Exemple : balai et vrai
         Exemple : inné et porté
         Exemple : partis et avis

         1-4-4 Les rimes suffisantes
             Les rimes suffisantes reposent sur une voyelle et une consonne prononcée. Elles sont liées par
         deux sons, soit voyelle et consonne, soit consonne et voyelle. Dans ce dernier cas, la consonne est dite
         d’appui.
         Exemple : nouveau-né et panné (son « n » et son « é ») (« n » est consonne d’appui)
         Exemple : venir et choisir (son « i » et son « r »)
         Exemple : câlines et mâtines (son « i » et son « ne »)
         Exemple de rimes non qualifiables suffisantes : matin et vin (car le « n » n’est pas prononcé mais associé
         au « i » qu’il transforme)

         1-4-5 Les rimes riches
             Les rimes riches ajoutent l’homophonie d’un élément à des rimes déjà suffisantes, soit en appui
         soit en finale.
         Exemple : venir et tenir (son « e » son « n » et son « ir ») (« n » est consonne d’appui)
         Exemple : mâtines et clémentines (son « t » son « i » et son « ne ») (« t » est consonne d’appui)

         1-4-6 Les consonnes d’appui équivalentes
             Ce qui précède met en évidence l’intérêt des consonnes d’appui, transformant une rime pauvre en
         rime suffisante ou transformant une rime suffisante en rime riche.
             Il existe des équivalences de consonnes d’appui, fondées sur la proximité de prononciation, qui vont
         considérablement simplifier le travail d’écriture du poète.
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