Page 2 - Traité de versification, métrique et prosodie
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                                                       Préface



                 Dans mes activités poétiques personnelles, comme dans la préparation de mes articles pour la
         revue « Les Coulisses », j'ai maintes fois eu recours à l’étude d’ouvrages de versification.

                 Je  les  ai  travaillés  et  comparés,  depuis  le  fondateur  abrégé  des  règles  de  la  versification
         française de  Pierre  Restaut  (étudié  dans  son  édition  1767)  jusqu’aux  ouvrages  contemporains  de  Michèle
         Aquien,  Robert  Boutet,  Jeanine  Collard-David,  Eugène  Garcia  et  Romain  Labanne,  en  passant  par
         l’abrégé de versification française de Monsieur de Wailly (édition 1800), le précis des règles de versification
         d’Edouard Sommer, (édition 1908), le Petit traité de versification française de Maurice Grammont  (édition
         1932), et autres.

                 Dans le même temps, j’ai ressenti un plaisir intense à lire des anthologies rassemblant ce que le
         monde littéraire a conçu de plus élevé. J’ai savouré les quatrains des participants aux joutes poétiques
         que j’animais.

                 De  cette  approche  multiple,  la  règle  poétique  m'est  apparue  comme  une  évidence  musicale
         décelée au fil des siècles par une succession d'amoureux de la langue française. Ils ont peu à peu compris
         par quels mécanismes elle atteint les sentiments, par quelle alchimie des sons et du verbe elle touche au
         cœur. En quelque sorte, les poètes n’ont imposé aucune règle mais ont découvert celle qui s’imposait à
         eux.

                 La poésie classique écoute et respecte la règle que l’on devrait approfondir en classe d’étude. Une
         fois cette règle assimilée, chacun peut laisser libre court à son génie.

                 Par leur œuvre, les poètes nous ont transmis leur illumination. Ils ont aussi, parfois, tenté de nous
         léguer leur savoir-faire, dans des conseils fameux, tels Boileau puis Verlaine dans leurs Art poétique. Mais,
         depuis  des  siècles,  ce  sont  des  grammairiens  et  des  historiens  de  la  langue  française  qui  assurent
         essentiellement la transmission. Il en a souvent suivi un enseignement historiquement riche mais difficile
         d’accès.

                 C’est  pourquoi,  répondant  à  la  demande  de  nombreux  poètes  d’Arts  et  Lettres  de  France,  et
         poursuivant le travail de popularisation de la poésie que je conduis dans sa revue depuis plus de vingt
         ans, il m’a semblé utile de présenter un recueil pratique énonçant de façon complète mais la plus simple
         possible, à travers de multiples exemples, les règles de l’écriture poétique classique.

                 La versification classique impose que l’on comprenne sa rime, son rythme, et que l’on en use avec
         harmonie. Chacun des trois alimentera un chapitre. Un quatrième énoncera quelques formes poétiques
         fixes. Dans le cinquième, des exercices d’application seront proposés.

                                                                                                 Franck Lafossas
                                                                                               alias Dune-Pontac



         “Le sot se sait empêché d’accéder à l’univers spirituel que propose la poésie... il ne peut vivre toutes les virtualités
         humaines… il cherchera dans ses critiques à détruire ce qu’il ne peut admirer par insuffisance spirituelle”.
                                                      Michel ADAM “essai sur la bêtise” Presses universitaires de France 1975
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