Page 35 - Petit guide pratique et facile de versification de Franck Lafossas
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          Qu’il dut être apaisant d’oser une espérance                   C
          Au moment d’émigrer vers la dernière errance,                  C
          Quand les frimas du corps annonçaient votre hiver...           D

          Répondez à ce cri, de votre observatoire,                      E
          Carillons de l’éden, glas sombres de l’enfer :                 D
          Ce doute, qui me brûle, est-ce mon purgatoire ?                E
          Franck Lafossas


          4-10 Le sonnet Lozérien
          Variante récente du sonnet, due à Léon Bourrier, il en adopte les règles, en 2 quatrains et 2
          tercets.
          L’idée générale doit également être résumée, ou mise en valeur, dans le dernier vers et, en tout
          cas, le plus près possible de la fin.
          Il ne peut, non plus, supporter de rime trop faible et la consonne d’appui doit être recherchée.
          Mais :
      -  Il s’écrit sur 2 rimes seulement,
          Si bien que les rimes des quatrains restent en ABBA mais que celles des 2 tercets deviennent
          BAB ABA,
      -   Il alterne les alexandrins (vers 1,3,5,7,9,11 et 13) et les sizains (vers 2,4,6,8,10,12 et 14),
          Ce qui lui procure légèreté et grâce.

          Dans l’exemple qui suit, j’ai tenté de mettre en valeur cette légèreté pour l’opposer à la difficulté
          du sujet, qui n’apparaît qu’à la fin, et le mettre en relief :

          La jouvencelle dans le froid

          Un soir où j’arpentais une sombre ruelle,                      A
          En rasant les maisons,                                         B
          Le ciel bas, ténébreux, barrait les horizons,                  B
          Promettant neige ou grêle.                                     A

          Alors que j’approchais de mon logis fidèle,                    A
          Du poêle et des tisons,                                        B
          Les frimas de l’hiver annonçaient, en frissons,                B
          Leur morsure cruelle.                                          A

          Quand je ne pensais plus qu’à mettre mes chaussons,            B
          Qu’à remplir ma gamelle,                                       A
          Attendant le retour des plus chaudes saisons…                  B

          Je vis la jouvencelle :                                        A
          Dans le froid, presque nue, aguichant les garçons,             B
          Fatale clientèle.                                              A
          Franck Lafossas
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