Page 38 - Petit guide pratique et facile de versification de Franck Lafossas
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Vint le piège, la rouerie, A
Puis les flammes pour prisons, B
Pardonnez si je le crie. A-2
Depuis, hurlant ma folie A
Je les aime en déraisons B
Oradour :"ici l'on prie", A-1
Pardonnez si je le crie. A-2
Franck Lafossas
Chapitre 5
Non, le poète n’est pas seul
5-1 Se tromper n’est pas grave !
L’un des freins au développement de l’écriture poétique tient en la peur qu’a le poète débutant
de se tromper. Craignant de commette une erreur, certains renoncent à tenter l’écriture
classique. C’est ce renoncement, par peur de l’échec, qui constitue une erreur. Tous les
poètes, y compris les plus grands, ont commis des fautes de prosodie. La belle affaire !
Plus haut, dans le paragraphe 3-3-1 je vous ai signalé les échos que l’on trouve dans l’Art
poétique de Boileau. Je vous ai également signalé en paragraphe 3.3.2 qu’il n’avait pas
toujours respecté la prohibition de consonance entre des rimes qui se suivent. Mais avez-vous
remarqué que je n’ai pas, non plus, toujours respecté cette prohibition dans ma fable sur Maître
Furet, en paragraphe 4-4 ?
La règle classique constitue un guide, un moyen, non un but. L’important est que le cœur poète
puisse s’exprimer. Tant pis s’il écorche parfois la règle au passage.
Et, pour vous prouver que tout le monde peut se tromper, je vous cite partie d’un poème qu’en
1858 un élève de 4 ème avait rédigé à la gloire du poète national :
« Mais, tout en dédaignant la mort et ses alarmes,
Hugo, tu t'apitoies sur les tristes vaincus ;
Tu sais, quand il le faut, répandre quelques larmes,
Quelques larmes d'amour pour ceux qui ne sont plus. »
Ce jeune de 14 ans commettait une double erreur : il emprisonnait un e muet dans le verbe
apitoies par un s final en utilisant la 2ème personne du singulier, et cela à la césure... (cf

