Page 39 - Petit guide pratique et facile de versification de Franck Lafossas
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          paragraphes 2-3-8 et 2-3-10 . Et pourtant, ce jeune auteur a eu bien raison de ne pas s’arrêter
          sur cette faute. Il s’appelait Paul Verlaine.

          5-2 C’est le sot qui devrait avoir honte !
          Un  autre  frein  au  développement  poétique  tient  en  la  moquerie  qui  blesse  parfois  le  poète
          débutant. Vexé, humilié, il préfère garder sa poésie secrète. Il n’ose plus la dévoiler.

          Dans  son  ouvrage  Essai  sur  la  bêtise  (Presses  Universitaires  de  France  1975)  le  professeur  de
          philosophie Michel Adam a définitivement réglé le compte de ceux qui se moquent des poètes :
          « ... Le sot se sait empêché d’accéder à l’univers spirituel que propose la poésie : un univers
          paraissant dégagé du monde réel, mais faisant accéder à une sensibilité tellement profonde
          qu’elle ramène à ce monde ci, le retrouvant dans la profondeur d’expériences qu’il suscite. La
          poésie n’aliène pas à un monde de rêve, elle est au contraire totalisante, permettant de mieux
          profiter du spectacle d’un monde qui n’a de valeur que par ce qu’il donne en pâture à l’activité
          de l’esprit. Le sot, à l’inverse de cette attitude, sépare l’imagination et la vie, le dynamisme et la
          chose. Il ne peut vivre toutes les virtualités humaines, il s’assied au lieu d’accepter la tension de
          l’esprit... »

          Le poète ne doit pas craindre celui qui ricane. Il doit juste lui répondre qu’un livre parle de lui…

          5-3 Savoir écouter ses amis poètes
          Dans son Art poétique, Boileau attire l’attention des poètes sur l’existence des flatteurs « Un
          sot trouve toujours un plus sot qui l’admire » et préconise « Aimez qu'on vous conseille, et non
          pas qu'on vous loue. » Je ne peux que m’associer à ce sage avis. Le plus grand poète est celui
          qui accepte la critique, cherche à comprendre pourquoi son œuvre ne séduit pas, et sait en tirer
          profit. Je ne peux, à titre d’exemple, mieux faire que citer le cas de Charles Baudelaire.

          Ayant  déclamé  son  poème  l’Albatros  devant  des  amis  poètes,  ceux-là  firent  remarquer  à
          Baudelaire que son image du grand oiseau n’était pas facilement compréhensible. Acceptant la
          critique,  l’auteur  ajouta  la  dernière  strophe,  identifiant  clairement  l’oiseau  au  poète,
          transformant son travail en l’un de ses plus beaux poèmes :
          « Le poète est semblable au prince des nuées
          Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
          Exilé sur le sol au milieu des huées,
          Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. »

          5-4 Rejoindre les associations
          Pour  trouver  un  auditoire  devant  lequel  s’exprimer  sans  crainte,  pour  rencontrer  d’autres
          poètes débutants ou expérimentés et se sentir moins seul, pour bénéficier de conseils, celui
          que l’écriture poétique tente a tout intérêt à rejoindre une association.

          L’association internationale Arts et Lettres de France (artsetlettresdefrance.fr) est généraliste. Aucun
          parrainage n’est nécessaire pour y entrer. Depuis 1974, elle accueille tous ceux qui désirent
          faire avec elle un bout de chemin poétique ou artistique. Elle organise des réunions poétiques
          et  artistiques  et  diffuse  des  conseils  par  le  biais  de  sa  revue  Les  Coulisses.  Les  adhérents
          peuvent publier des poèmes dans sa revue papier ainsi que sur son site internet. Ils peuvent
          demander la correction gratuite de leurs poèmes classiques. Son concours annuel délivre des
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