Page 8 - Petit guide pratique et facile de versification de Franck Lafossas
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          1-4-2 La différence de richesse des rimes
          On distingue généralement les rimes pauvres, suffisantes et riches.
          Les rimes ont d’autant plus besoin d’être riches qu’elles sont éloignées l’une de l’autre, tandis
          que leur répétition immédiate rend désagréable (proche d’un jeu de mots) une trop forte identité des
          sons.
          Certaines formes poétiques fixes, sonnet par exemple, n’admettent pas les rimes pauvres.
          Cela  s’explique  par  le  fait  que  la  forme  fixe  du  sonnet  impose  l’éloignement  des  rimes
          embrassées.

          1-4-3 Les rimes pauvres
          Les rimes pauvres ne reposent que sur une voyelle accentuée. Elles ne sont liées que par
          un son. Elles sont proches d’une simple assonance.
          Exemple : balai et vrai
          Exemple : inné et porté
          Exemple : partis et avis

          1-4-4 Les rimes suffisantes
          Les rimes suffisantes reposent sur une voyelle et une consonne prononcée. Elles sont
          liées par deux sons, soit voyelle et consonne, soit consonne et voyelle. Dans ce dernier cas,
          la consonne est dite d’appui.
          Exemple : nouveau-né et panné (son « n » et son « é ») (« n » est consonne d’appui)
          Exemple : venir et choisir (son « i » et son « r »)
          Exemple : câlines et mâtines (son « i » et son « ne »)
          Exemple de  rimes  non  qualifiables  suffisantes  :  matin  et  vin  (car  le  « n »  n’est  pas  prononcé mais
          associé au « i » qu’il transforme)

          1-4-5 Les rimes riches
          Les rimes riches ajoutent l’homophonie d’un élément à des rimes déjà suffisantes, soit
          en appui soit en finale.
          Exemple : venir et tenir (son « e » son « n » et son « ir ») (« n » est consonne d’appui)
          Exemple : mâtines et clémentines (son « t » son « i » et son « ne ») (« t » est consonne d’appui)

          1-4-6 Les consonnes d’appui équivalentes
          Ce  qui  précède  met  en  évidence  l’intérêt  des  consonnes  d’appui,  transformant  une  rime
          pauvre en rime suffisante ou transformant une rime suffisante en rime riche.
          Il  existe  des  équivalences  de  consonnes  d’appui,  fondées  sur  la  proximité  de
          prononciation, et qui vont considérablement simplifier le travail d’écriture du poète.
          C’est ainsi que :
          B = P
          Exemple : bois et pois ont une consonne d’appui équivalente = rime suffisante
          D = T
          Exemple : tondu et battu ont une consonne d’appui équivalente = rime suffisante
          F = PH = V
          Exemple : enfant et éléphant et avant ont une consonne d’appui équivalente = rime suffisante
          CH = J
          Exemple :  chose  et  j’ose  ont  une  consonne  d’appui  équivalente  ajoutée  à  une  rime  déjà
          suffisante = rime riche
          C [k] = G
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